Réussir son marathon d’écriture : la méthode en 5 points

Vous vous rappelez de ce vieux film On achève bien les chevaux ? On y suivait deux personnes prêtes à danser jusqu’à épuisement total de leurs forces (et au-delà) pour gagner une somme d’argent.

Parfois, je me dis que participer à un Nanowrimo ou à un camp Nano, ce pourrait presque être considéré comme la même épreuve. Voilà comment j’ai survécu au Nanocamp d’avril

Réussir son marathon d'écriture, la méthode en 5 points pour le Nanowrimo

1. Pour écrire, il faut s’entraîner

La philosophie du Nanowrimo, c’est qu’en écrivant tous les jours, on est plus productif, et plus à même de rester dans le fil de l’histoire. Je serais assez d’accord sur ce point : si je reste trop longtemps loin de mon récit, mes personnages crient moins fort à mon oreille pour me faire avancer.

Mais écrire tous les jours, c’est un exercice qui demande de l’assiduité. Et si de nombreux participants démarrent l’expérience avec une certaine ferveur, trop abandonnent en cours de route.

Pour réussir son Nanowrimo, je recommanderais de ne pas attendre novembre pour se mettre à écrire. Autorisez-vous à écrire à de nombreuses autres périodes de l’année. Peut-être pas avec autant d’énergie que pendant le Nano (tenir ses 1660 mots quotidiens peut vite s’avérer compliqué quand la vie vient frapper à la porte) mais au moins de manière régulière.

Vous y gagnerez même en dextérité sur le clavier, ce qui peut être utile pour les Word War !

De mon côté, je vis souvent la période du Nano comme un gros coup de chauffe pour démarrer une nouvelle histoire… et j’essaye de ne pas trop laisser le moteur refroidir ensuite.

2. Vive les fractionnés

Les Word War. Les guerres de mots. Il faut en vivre au moins une dans sa vie. Voici le récit d’une de ces guerres par un vétéran :

Une word war, une guerre des mots... Le récit d'un vétéran

« Tout commence à un moment précis. L’heure est fixée à l’avance, on sait quand la guerre commence, comme quand elle finit. On croit être préparé, mais on ne l’est jamais vraiment. Quand l’heure sonne, on se retrouve face à son écran blanc. Le compteur de mots est à zéro et il faut le remplir le plus vite possible sur un délai limité. Vous savez combien de mots vous êtes capable d’écrire en 10 minutes, vous ? Moi, je l’ai appris. Puis j’ai appris qu’on ne sortait pas toujours vainqueur de ce genre de combat. Vous croyez qu’être le plus rapide à remplir sa page suffit à gagner la guerre des mots… Mais c’est plus qu’une question de célérité. Il faut que les yeux restent fixés, soit sur le clavier, soit sur l’écran. On n’a plus le temps de réfléchir, de choisir le bon mot, la bonne munition, d’évaluer son angle d’attaque. Il faut juste abattre les mots les uns à la suite des autres, et espérer qu’ils resteront en vie jusqu’à la relecture. C’est épuisant, c’est intense, c’est… C’est quand la prochaine ? »

Une guerre des mots, c’est le meilleur moyen de faire grimper son compteur de mots sur un temps limité. On compare ensuite son score avec celui de ses adversaires. Il n’y a rien à gagner, rien à perdre, juste un roman qui prend de l’ampleur en un temps record.

Participer à une Word War quand on a l’impression que son histoire stagne un peu, ou qu’on a pris du retard par rapport à son objectif, est une très bonne manière de rattraper le temps perdu. De manière générale, on apprend aussi que profiter de la moindre pause pour écrire peut réellement être productif. Oui, même si on n’a que deux fois dix minutes par jour pour soi, on peut écrire un roman en quelques mois.

Sur le dernier NanoCamp, j’ai calculé que deux WW par jour, d’un quart d’heure chacune, m’aidait à atteindre, à peu de mots près, mon objectif quotidien. Je n’en ai pas fait beaucoup, mais de temps en temps, c’est assez intéressant.

3. Gardez les yeux bandés

Quand on parle Nano, on parle de premier jet. C’est-à-dire une histoire qui nécessitera obligatoirement une relecture, et une réécriture… Le but, cependant, c’est de ne pas gaspiller toute son énergie à peaufiner chaque page avant de passer à la suivante. Chacun a une manière différente d’aborder l’écriture. Mais de temps en temps, juste avancer sans se poser de questions, en se laissant porter par l’histoire, peut être très rafraîchissant. D’ailleurs, en Nano, toutes les techniques sont permises : vous pouvez avancer totalement à l’aveuglette ou tracer au préalable le plan détaillé de votre récit. Tout ce qui vous est conseillé, c’est de NE PAS vous relire. Jamais. Sous peine de mort imminente du souffle créatif (et ça, c’est très très grave).

J’ai un peu triché sur le dernier Nanocamp, puisque j’ai alterné des phases de recherche et des phases d’écriture. Je pouvais le faire puisque j’avais fixé moi-même mon objectif (à 40 000 mots… alors qu’il en faut 50 000 pour le Nanowrimo). Mais par contre, je n’ai jamais relu mon texte pour le retravailler. Je le ferai après (et ça risque d’être aussi épique que l’écriture elle-même, mais ça… c’est une autre histoire).

4. Savoir s’entourer

Vous savez ce que tout participant à un Nanowrimo doit faire, juste après son inscription ? Annoncer au monde entier qu’il va nanoter pendant un mois ! Parce que quand on dit, en public, qu’on va tenter une expérience un peu folle comme celle-là, on se sent un petit peu plus obligé d’aller jusqu’au bout. Par conséquent, vos proches deviennent aussi vos soutiens (et commencent à accepter plus facilement votre besoin de vous isoler pour écrire).

Mais c’est aussi l’occasion de partager l’émulation d’autres auteurs. Et de s’encourager les uns les autres à avancer dans l’écriture de ce fameux roman. Rappelez-vous : on est toujours plus fort à plusieurs !

La cabin que j’ai eu l’occasion de rejoindre pour le dernier Nanocamp était pleine d’entrain et d’énergie. On se soutenait, on se poussait à écrire, même juste quelques dizaines de mots… Et on était tous fiers, le 1er mai, d’avoir terminé dans les temps et réussi notre pari !

5. Gardez l’envie

Participer à un Nanowrimo demande beaucoup d’énergie. Mais cela doit rester un plaisir. Si pour vous, vous installer devant votre bureau et tenter d’aligner les mots est une torture, arrêtez tout de suite de vouloir devenir un écrivain. Trouvez autre chose pour exprimer votre créativité. Parce que si vous n’éprouvez pas cet élan de joie à savoir que vous êtes en train de donner vie à un monde, si vous n’êtes pas émerveillé par chacun de ses nouveaux reflets, vous ne tiendrez pas pour un marathon d’écriture comme le Nano.

Moi, pendant ce Nanocamp, j’ai été ébahie par les réactions de mes personnages. Certains jours, je me demandais si j’avais raison de parler d’eux, s’ils présentaient un quelconque intérêt… Mais ils continuaient à m’émouvoir, à m’intriguer, à m’impressionner… Et je crois bien que j’aurais été incapable de les laisser partir avant la fin. C’est cela que vous devez ressentir. Pas moins.

Voilà comment je suis venue à bout du dernier Nanocamp

Winner du Camp Nanowrimo 2017

Maintenant, si vous êtes prêt, je vous préviens : le prochain Nanocamp est en juillet !

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