À partir de quand peut-on dire qu’un livre a du succès ?

Le succès… Voilà bien un terme vague qui représente tout un tas de rêves et de fantasmes pour bon nombre de personnes. Quels sont les signes du succès, à partir de quand peut-on dire que l’on en a et faut-il toujours en avoir plus ? Autant de questions que de nombreux artistes se posent (de ce point de vue là, les auteurs n’ont rien à envier aux célébrités qui sont placardées dans les entrées des cinémas).

Je me suis penchée sur cette question. Du point de vue littéraire uniquement (même si, là encore, le terme littéraire est à prendre au sens large… Disons du point de vue de l’écrit).

de quoi dépend le succès d'un livre

Un best-seller, c’est un tirage de combien d’exemplaires ?

J’avoue, sans aucune honte, que je suis la première à dire « le jour où j’écrirai un best-seller, je… » (me payerai une femme de ménage, terminerai d’aménager mon jardin, partirai plus souvent en voyage… Merci de ne rayer aucune de ces mentions, toutes aussi utiles les unes que les autres).

Je prononce cette phrase avec beaucoup d’autodérision, mais il n’empêche que j’ai un tout petit peu envie d’y croire quand même. Je ne vais pas vous mentir : si je pouvais vivre de l’écriture (ce que représente pour moi un best-seller), je serais ravie. Et c’est certainement le cas pour la plupart des auteurs.

Mais c’est quoi un best-seller ?

Si l’on s’en tient au chiffre des ventes, les palmarès sont impressionnants : en 2016, l’auteur le plus vendu en France a vu partir 1 833 300 exemplaires de ses œuvres. Ce qui est plutôt pas mal, du moins en résultats financiers (je ne parlerai pas ici de la valeur ou non des ouvrages qui se vendent bien. Il est depuis longtemps établi que cela n’a qu’un impact relatif sur les ventes).

Vous savez pourtant ce qui rend ce nombre encore plus époustouflant ? C’est que l’on commence à parler de best-seller dès qu’un titre dépasse quelques milliers de ventes (5 000 en moyenne). Ce chiffre dépend bien sûr du genre de l’ouvrage, certains se vendant mieux que d’autres.

Néanmoins, si vous entendez dire qu’un roman a dû être réédité parce que le premier tirage s’est révélé insuffisant, c’est plutôt bon signe pour l’auteur…

Et le tirage moyen, il est de combien ?

Le tirage moyen dépend évidemment des moyens des maisons d’édition. Certaines peuvent se permettre d’investir plus en masse. Il varie aussi selon la notoriété de l’auteur ou la confiance qu’a l’éditeur en sa réussite.

Une chose est sûre : ce tirage ne cesse de diminuer d’année en année, alors même que le nombre de titres produit augmente.

Mais passons aux chiffres : en 2015, selon les sources, le tirage moyen se situe entre 5 000 et 7 500 exemplaires.

On pourrait donc en déduire que tout best-seller est un titre qui nécessite une réédition tellement le public s’est précipité dessus (et là, je ne peux m’empêcher d’imaginer une horde de personnes se jetant sur les livres et donnant des coups de coude pour être les premiers à attraper leur « précieux »… Oui, je sais, je rêve).

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Cependant, ce résultat ne concerne que l’édition dite « classique ». Dès qu’il s’agit d’impression à la demande ou d’édition numérique, il n’y a pas de tirage initial.

Voilà qui complique donc la recherche de ce qui fait un best-seller.

Un best-seller en auto-édition, c’est possible ?

Voyons un petit peu ce qu’il en est. Aujourd’hui, les maisons d’édition traditionnelles scrutent les ventes des auteurs indés. Pourquoi ? Pour leur racheter illico presto leurs droits dès qu’un titre semble attirer les faveurs du public. Certains considèrent qu’ils cèdent à la facilité, en oubliant leur devoir de « découvreur de talent », d’autres ajoutent que le succès n’est pas lié à la qualité… Peu importe, nous n’allons pas nous mentir : l’édition, c’est aussi du commerce. Et si cela fonctionne, après tout, pourquoi les éditeurs devraient-ils se priver de cette manne ? Comme le rappelait récemment un éditeur lors d’une conférence : la réussite de certains gros titres leur permet de financer aussi des ouvrages d’auteurs inconnus, plus risqués, qu’ils ont également à cœur de défendre. Vu comme ça, c’est déjà plus intéressant n’est-ce pas ?

Mais comment étudier les chiffres de vente d’un autoédité ? À partir de quand considère-t-on qu’il a réussi son pari ? Quand il rentre dans le top 100 d’Amazon ? Dans le top 10 ? Quand il y reste un temps suffisamment long ?

Avouez que ce n’est pas toujours facile à déterminer… D’après plusieurs études, les stars de l’auto-édition dépassent les 10 000 exemplaires, principalement en format numérique, moins cher que le format papier. C’est à ce stade qu’ils sont contactés par des éditeurs. Ils font d’ailleurs un pari : personne ne peut garantir que les ventes sont réussies. Ce n’est pas le même acte de dépenser 2,99 € ou d’en donner 16 € pour un livre papier. Cependant, le marketing se basant sur des phrases telles que « ce livre est déjà un succès » semble toujours efficace de nos jours.

Le succès se mesure-t-il uniquement en chiffres ?

Si je m’arrête quelques instants sur ces considérations, je suis surtout étonnée de voir l’importance des chiffres dans un univers aussi littéraire. Il n’y aurait donc que cela qui compte ? Et le succès d’estime, les marchés de niche, l’idée de ne pas vendre beaucoup, mais aux personnes à qui le livre va vraiment plaire ?

le succès n'est pas une question d'argent

Ah oui, mon banquier intervient pour me dire que c’est bien joli tout ça, mais que ce n’est pas avec trois commentaires élogieux que je vais payer mon loyer…

Certes, certes (cela dit, si vous voulez commenter mes livres sur Amazon, il paraît que c’est bon pour votre karma… et pour m’aider à me faire connaître).

Néanmoins, je vous avouerais que quand quelqu’un me dit « j’ai adoré ton roman », cela fait naître beaucoup plus de papillons dans mon ventre que quand je vois que j’ai réalisé une vente de plus.

Et si, finalement, le succès dépendait essentiellement des repères que l’on se fixe soi-même ? Quand on commence comme auteur, vendre cinquante romans c’est déjà énorme ! Cela représente tellement de lecteurs qui vont découvrir notre univers et qui ne l’auraient jamais connu si le livre était resté enfermé dans le tiroir de notre imagination.

Parce que ce que j’aime moi, c’est créer tout un monde, pas le vendre. Et ce petit endroit spécial, inclus dans les pages de mes livres, je considère déjà qu’il a du succès si quelques personnes ont envie de s’y promener avec moi.

Pour moi, le succès, ce n’est pas se mesurer aux autres pour savoir qui a le plus gros chiffre de ventes. Je n’apprécie pas plus un livre parce que des milliers de personnes l’ont aimé avant moi. Le succès, c’est plaire à quelqu’un que je ne connais pas et qui me découvre. D’un point de vue humain, cela me suffit.

le succès depend ce qu'on met dedans

Oui, je voudrais vendre suffisamment pour pouvoir passer ma vie à écrire. Mais je n’écris pas pour gagner de l’argent. La nuance est là. Et j’espère qu’elle sera toujours présente en moi !

Mais je suis curieuse… Pour vous, c’est quoi le succès ?

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9 réflexions sur “À partir de quand peut-on dire qu’un livre a du succès ?

  1. Joli article.

    Concernant les best-sellers, le directeur commercial de chez Nathan dit que les livres qui fonctionnent vraiment répondent, partiellement, à une question existentielle. Ils aident l’individu à se construire et c’est ce que le public, inconsciemment, recherche. C’est très humain au fond.

    Je trouve l’approche intéressante.

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  2. Pingback: Et si on parlait de la rentrée littéraire ? – Mélanie De Coster

  3. Bonjour, article très intéressant merci.
    Pour moi le succès c’est … d’etre édité !
    Cela signifie que vous aurez laissé une trace de votre passage sur terre et c’est peut-être là une des premières motivations que doit avoir un auteur pour cultiver son « envie d’ecrire ». Et puis de faire publier c’est déjà une reconnaissance du travail accompli. Le reste, ce qui peut suivre, les ventes, les ré-éditions, nous ne maîtrisons plus.

    Aimé par 1 personne

  4. Parlons du succès (et du non-succès). J’ai écrit deux petits bouquins, dans la catégorie non-fiction : le récit d’expériences personnelles instructives : autobiographiques, en un mot. J’estime que ce sont des succès parce que j’ai atteint mes objectifs.
    Mais d’abord un peu de théorie personnelle. Le succès d’après moi se compose de plusieurs temps, et la réussite de chacun de ces temps est en lui-même un succès.
    .
    J’ai écrit un bouquin où je raconte comment je me suis relevé d’un AVC quasi-mortel : dix jours de coma, cinq mois à l’hôpital et le bouleversement de ma vie. L’écriture de ce texte est déjà un succès parce que je l’ai écrit avec un cerveau endommagé et une pensée perturbée : ça n’empêche pas que c’est, sans fausse modestie, un bon bouquin.
    Succès dans un deuxième temps parce qu’après avoir prospecté en vain des dizaines d’éditeurs français, j’ai trouvé une éditrice suisse qui a été enthousiasmée par mon histoire et surtout par l’énergie et l’optimisme qui s’en dégage. Je l’ai publié sous pseudonyme.
    Succès dans un troisième temps parce que plusieurs lecteurs qui vivaient, dans leur entourage, des situations comparables m’ont remercié. Pour moi ce livre, outre l’effort cérébral salutaire qu’il a exigé, a été la preuve que je pouvais encore produire quelque chose d’utile nonobstant mon handicap physique et mental résiduel.
    Quant à l’argent : ça m’en a rapporté un peu mais je n’en ai pas besoin. Pour moi cet argent est seulement la preuve que mon travail a de la valeur.
    .
    La prochaine fois je vous parlerai de mon deuxième bouquin, qui est lui aussi un succès : paru en 2018, je n’ai pas encore les chiffres mais c’est à coup sûr quelques dizaines d’exemplaires vendus, peut-être plus.
    .
    Enfin il y a mes projets d’écriture : alors là c’est sûr, ça se vendra par centaines de milliers.
    Le succès, ça consiste d’abord à y croire. Le non-succès, ça consiste à se décourager

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  5. Bonjour Mélanie
    Merci pour ton article que je trouve très sympa.
    En tant que jeune auteure n’ayant pour l’heure aucune notoriété 😁
    Je dirais que le succès c’est déjà de finir son premier roman, car on ne le dit pas assez, écrire ce n’est pas si simple…Ensuite c’est de se rendre compte en le relisant et en le faisant lire à ses proches qu’il a ses chances…
    Après c’est sur qu’on aimerait bien en vendre des milliers mais bon, ça c’est une autre histoire…
    Et je vous rejoint totalement : il ne faut pas se décourager et au contraire persévérer jusqu’à ce que ça prenne : l’essentiel c’est d’y croire…
    Bons projets à tous!
    Axelle Swann

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  6. Bonjour,

    Article très intéressant surtout sur la réflexion du succès. Je pense aussi qu’il y en a plusieurs :
    – le succès « best seller » : un écrit publié et vendu à des milliers d’exemplaires
    – le succès « personnel » : avoir terminé un roman déjà, ça c’est bien ! (le faire éditer c’est encore mieux)
    – le succès « coup de cœur » : l’écrit qui est apprécié des lecteurs avec retours positifs.

    Je n’écris pas forcément dans le but de vendre mais de faire plaisir au lecteur. J’ai commencé à écrire de la poésie quand j’étais toute gamine, puis cela a fait place à des histoires toujours débordantes d’imagination et depuis quelques mois je me suis attelée à écrire un roman catégorie « fantastique/historique » , sacré défi ! Si le roman est apprécié alors éventuellement je le proposerai à un éditeur, mais là, c’est la peur de l’échec et du retour de miroir, pas facile de voir que son écrit ne plaît pas.

    Belle aventure dans vos écrits 🙂

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  7. Pingback: Comment soigner le syndrome de l’imposteur chez l’écrivain – Mélanie De Coster

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