Et si on parlait de la rentrée littéraire ?

J’ai eu l’occasion de discuter récemment avec un libraire (de la librairie Richer, pour ne pas donner de nom) à propos de la rentrée littéraire. Voilà les faits que j’en ai retenus, qui intéresseront autant les lecteurs que les auteurs.

à propos de la rentrée littéraire

La rentrée littéraire en chiffres

chiffres rentrée littéraire

Chaque année, entre mi-août et octobre, ce ne sont pas des dizaines de titres qui paraissent, mais des centaines… Oui, rien que ça ! Parmi eux, il y avait, en 2017, 81 nouveaux romans. Autant dire que ce n’est pas très facile de parvenir à se faire remarquer dans cette avalanche de titres qui arrivent en librairie.

Mais, justement, parviennent-ils tous sur les rayons et les tables de nos libraires préférés ?

D’après le libraire, quand un éditeur sort quelques dizaines de titres pour la fin de l’été, il n’en présente réellement que cinq ou six aux libraires. Oups ! Et double-oups quand on sait que le libraire va sans doute lui-même effectuer une sélection parmi ces ouvrages.

À leur décharge, il est presque impossible de tous les lire : même moi, qui suis une dévoreuse de livres, je ne lis pas 500 romans par an… et encore moins sur deux mois !

Mais, dans ce cas, comment être mis en avant ?

Faites vos jeux… et vos choix

Pour cette fameuse rentrée littéraire, les éditeurs aiment mettre en avant des titres qui sont susceptibles d’être nominés pour des prix, voire d’en remporter. Goncourt, Renaudot, Fémina… Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, n’est-ce pas ?

Certains auteurs sont aussi invariablement attendus en septembre, comme Amélie Nothomb, toujours ponctuelle.

Mais pour les autres, est-ce vraiment une si bonne affaire que cela de paraître à cette période de l’année ? Quelle chance a réellement un titre d’arriver jusque dans les mains des lecteurs (et de devenir un best-seller, par exemple ?).

le jeu de la rentrée littéraire

Ce n’est pas qu’une histoire de hasard, même s’il entre aussi en ligne de compte. Les libraires sont très fiers de pouvoir dire, à propos d’un auteur « celui-là, c’est moi qui l’ai découvert en premier », et de participer à son succès. La qualité du titre, le bouche-à-oreille, la présence au bon moment… Tout cela a son importance.

Parce qu’il faut bien reconnaître que les éditeurs, particulièrement les plus gros, n’ont pas les moyens humains ni financiers de défendre tous leurs titres avec la même vigueur.

D’un point de vue personnel, je trouve tellement dommage de publier un ouvrage pour ne pas lui donner ensuite toutes ses chances. J’entendais dire récemment que le nombre de ventes moyen d’un roman, en France, tous auteurs confondus, était de 350 exemplaires. Ce qui signifie que, dans de nombreux cas, les éditeurs ne gagnent même pas d’argent en les publiant ! Alors, certes, on peut toujours imaginer qu’ils continuent par amour des textes, mais dans ce cas-là, encore une fois, pourquoi ne pas aller au bout de la démarche au lieu de les laisser dépérir de leur petite mort ?

La rentrée littéraire, une bonne affaire ?

Ce que j’en retiens, personnellement, c’est que voir son titre inscrit au catalogue d’un éditeur en septembre est loin d’être une garantie de réussite pour la survie du livre.

Mais peut-être que vous avez une autre opinion sur la question, ou un éclairage différent à m’apporter. Je suis curieuse de toutes les expériences que vous auriez à me communiquer sur le sujet…

 

 

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