Tu fais quoi ce week-end ? J’écris en groupe

Quand j’ai annoncé que j’allais passer le week-end près de la forêt de Brocéliande (waw ! ) mais que je resterais enfermée devant mon ordinateur, certains n’ont pas compris mon enthousiasme. Et pourtant, pour moi, ce n’était pas loin d’être le week-end idéal. Voilà pourquoi…

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Comment régler le problème majeur d’un auteur ?

Vous voulez savoir quel est le problème numéro 1 d’un auteur ? Non, ce n’est pas trouver des idées (loin de là). Ni même l’accord du participe passé (non, mais franchement, vous nous prenez pour qui?) Et c’est rarement un problème de robinet (quoique parfois de train, pour aller sur des salons littéraires).

Non, le problème principal que rencontrent la plupart des auteurs, c’est le manque de temps. Parce qu’il est très difficile de nos jours de vivre de l’écriture (plus de 80 000 auteurs déclarant leurs revenus touchent moins de 8 800 euros de droits d’auteur par an, ce qui correspond à 80 % des auteurs dits professionnels) et que la grande majorité des auteurs et autrices en France ont donc un travail en plus. Ainsi qu’une vie de famille, pour certains d’entre eux.

Quand vous vous plaignez d’avoir une vie tellement chargée que vous n’avez même pas le temps de lire un livre, pensez qu’eux doivent trouver les heures nécessaires pour l’écrire (et qu’elles sont beaucoup, beaucoup plus nombreuses que le temps que vous consacrerez à les parcourir)

Pour trouver du temps pour écrire, nous avons donc généralement la possibilité de :

  • ne pas dormir la nuit
  • nous lever très tôt le matin (dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne)
  • refuser toute vie sociale

Autant vous dire que lorsque l’on nous propose de nous libérer un créneau dans notre emploi du temps juste pour écrire, nous sommes plutôt enthousiastes. En tout cas, moi, je l’ai été. Et voilà comment je me suis retrouvée un week-end entier à partager une table avec plein d’ordinateurs.
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Comment ça se passe un week-end d’écriture ?

Pour bien prévoir votre week-end d’écriture, vous devez avoir :

  • de quoi écrire. Ordinateur ou carnet de note, au choix de l’usager.
  • Du carburant. Thé, café, trucs salés et sucrés à grignoter.
  • Un casque, pour vous isoler du bruit éventuel ou pour ne pas déranger les autres avec de la musique.

Et c’est tout ! L’Association des Auteurs Indépendants du Grand Ouest, dont je fais partie, a fourni tout le reste : un gîte, de la nourriture, de l’électricité (ainsi que des jeux de société et de la bonne humeur, beaucoup de bonne humeur).

Dans tout cela, vous mettez donc une grande table, des prises électriques en suffisance et des gens déterminés à travailler. Et, très vite, vous verrez plein de têtes penchées vers des écrans qui se remplissent de mots à mesure que le temps passe. Avec des petits bruits de clavier pour rythmer leur avancée.

Et le résultat est à la hauteur : certains ont terminé un scénario, d’autres ont finalisé leurs corrections, écrit de nouveaux chapitres, tracé les grandes lignes de leurs histoires à venir. Quand on veut travailler, et que l’on est là pour ça, on est assez efficace.

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1 694 mots en deux heures de travail, pas mal, non ?

Et vous ne pouviez pas faire ça chez vous ?

Vous avez déjà essayé de travailler depuis chez vous. D’ignorer complètement ce gros tas de poussière qui vous éternue au nez à chaque fois que vous passez devant. Comme votre enfant qui veut absolument vous montrer son dernier dessin. Ou votre vieille tante qui doit vous raconter au téléphone sa dernière opération.

Il est très difficile d’arriver à consacrer un week-end entier, sans se laisser distraire ni avoir mauvaise conscience, à l’écriture. Et puis, il faut bien le dire : de nombreux écrivains sont des procrastineurs (et ce n’est pas Lionel Davoust qui me contredira). Donc les bonnes excuses pour faire autre chose (y compris traîner sur les réseaux sociaux, hum…) ne manquent pas dès qu’il s’agit d’écrire. La moindre scène qui bloque peut nous entraîner dans des mécanismes de défense incroyablement étudiés.

Ce qui ne peut pas être le cas quand vous avez payé pour vous enfermer devant votre ordinateur ! Imaginez un peu le sens de la culpabilité exacerbée qu’entraînerait le fait d’avoir sciemment décidé de négliger votre famille et gaspillé vos deniers pour, au final, n’avoir rien de tangible à produire ! Non, vraiment, le fait de décider de passer un week-end à l’extérieur, consacré à l’écriture, est terriblement plus efficace que de tenter le même travail chez soi.

Sans compter que…

Il y a des bénéfices secondaires

Avez-vous été attentif pendant la lecture de cet article ? Si oui, vous vous rappelez que je vous ai parlé de bonne humeur. Si non, ce n’est pas grave, je vais vous expliquer un peu plus en détail ce qu’il en est.

D’abord, la bonne compagnie. Vous passez le week-end en compagnie de personnes qui partagent les mêmes objectifs, angoisses, volontés… que vous. Vous êtes sur la même longueur d’ondes. Vous vous comprenez. Rien que ça, déjà, ça n’a pas de prix.

Ensuite, la facilité. Vous n’avez à vous occuper de rien. Vous êtes là pour écrire, point. Ok, vous allez préparer les repas (plus ou moins, oups, j’ai souvent été distraite de ce point de vue-là). Voire faire un peu de vaisselle. Mais en groupe, ce qui est déjà plus sympa. Et les courses comme les menus ont été établis à l’avance. Vous avez juste à vous laisser porter (et à vous concentrer sur l’écriture, yeah)

Ensuite bis, les bons moments. Je ne vais pas prétendre que l’on a écrit 24 h/24 non stop. Déjà parce qu’il faut dormir, même un peu. Ensuite parce qu’il faut manger (voir le point précédent). Et puis aussi parce que le cerveau ne peut fonctionner en surtension en permanence sans griller. Ce qui occasionne d’ailleurs des conversations souvent très délirantes (les lamas ! Les cloportes ! La décapitation ! Seuls les initiés comprendront…) Et que tout ça, c’est plutôt chouette. Les repas duraient d’ailleurs un peu longtemps tellement nous discutions. Mais ça ajoute un bonus non négligeable à l’esprit du week-end.

 

Bref, au cas où vous ne l’aurez pas compris, c’est le genre d’expérience que tout auteur devrait vivre au moins une fois dans sa vie. Ou une fois dans l’année. Ou une fois par mois ?

Photo by Jessica Castro on Unsplash

 

 

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