Réussir son marathon d’écriture : la méthode en 5 points

Réussir son marathon d’écriture : la méthode en 5 points

Vous vous rappelez de ce vieux film On achève bien les chevaux ? On y suivait deux personnes prêtes à danser jusqu’à épuisement total de leurs forces (et au-delà) pour gagner une somme d’argent.

Parfois, je me dis que participer à un Nanowrimo ou à un camp Nano, ce pourrait presque être considéré comme la même épreuve. Voilà comment j’ai survécu au Nanocamp d’avril

Réussir son marathon d'écriture, la méthode en 5 points pour le Nanowrimo

1. Pour écrire, il faut s’entraîner

La philosophie du Nanowrimo, c’est qu’en écrivant tous les jours, on est plus productif, et plus à même de rester dans le fil de l’histoire. Je serais assez d’accord sur ce point : si je reste trop longtemps loin de mon récit, mes personnages crient moins fort à mon oreille pour me faire avancer.

Mais écrire tous les jours, c’est un exercice qui demande de l’assiduité. Et si de nombreux participants démarrent l’expérience avec une certaine ferveur, trop abandonnent en cours de route.

Pour réussir son Nanowrimo, je recommanderais de ne pas attendre novembre pour se mettre à écrire. Autorisez-vous à écrire à de nombreuses autres périodes de l’année. Peut-être pas avec autant d’énergie que pendant le Nano (tenir ses 1660 mots quotidiens peut vite s’avérer compliqué quand la vie vient frapper à la porte) mais au moins de manière régulière.

Vous y gagnerez même en dextérité sur le clavier, ce qui peut être utile pour les Word War !

De mon côté, je vis souvent la période du Nano comme un gros coup de chauffe pour démarrer une nouvelle histoire… et j’essaye de ne pas trop laisser le moteur refroidir ensuite.

2. Vive les fractionnés

Les Word War. Les guerres de mots. Il faut en vivre au moins une dans sa vie. Voici le récit d’une de ces guerres par un vétéran :

Une word war, une guerre des mots... Le récit d'un vétéran

« Tout commence à un moment précis. L’heure est fixée à l’avance, on sait quand la guerre commence, comme quand elle finit. On croit être préparé, mais on ne l’est jamais vraiment. Quand l’heure sonne, on se retrouve face à son écran blanc. Le compteur de mots est à zéro et il faut le remplir le plus vite possible sur un délai limité. Vous savez combien de mots vous êtes capable d’écrire en 10 minutes, vous ? Moi, je l’ai appris. Puis j’ai appris qu’on ne sortait pas toujours vainqueur de ce genre de combat. Vous croyez qu’être le plus rapide à remplir sa page suffit à gagner la guerre des mots… Mais c’est plus qu’une question de célérité. Il faut que les yeux restent fixés, soit sur le clavier, soit sur l’écran. On n’a plus le temps de réfléchir, de choisir le bon mot, la bonne munition, d’évaluer son angle d’attaque. Il faut juste abattre les mots les uns à la suite des autres, et espérer qu’ils resteront en vie jusqu’à la relecture. C’est épuisant, c’est intense, c’est… C’est quand la prochaine ? »

Une guerre des mots, c’est le meilleur moyen de faire grimper son compteur de mots sur un temps limité. On compare ensuite son score avec celui de ses adversaires. Il n’y a rien à gagner, rien à perdre, juste un roman qui prend de l’ampleur en un temps record.

Participer à une Word War quand on a l’impression que son histoire stagne un peu, ou qu’on a pris du retard par rapport à son objectif, est une très bonne manière de rattraper le temps perdu. De manière générale, on apprend aussi que profiter de la moindre pause pour écrire peut réellement être productif. Oui, même si on n’a que deux fois dix minutes par jour pour soi, on peut écrire un roman en quelques mois.

Sur le dernier NanoCamp, j’ai calculé que deux WW par jour, d’un quart d’heure chacune, m’aidait à atteindre, à peu de mots près, mon objectif quotidien. Je n’en ai pas fait beaucoup, mais de temps en temps, c’est assez intéressant.

3. Gardez les yeux bandés

Quand on parle Nano, on parle de premier jet. C’est-à-dire une histoire qui nécessitera obligatoirement une relecture, et une réécriture… Le but, cependant, c’est de ne pas gaspiller toute son énergie à peaufiner chaque page avant de passer à la suivante. Chacun a une manière différente d’aborder l’écriture. Mais de temps en temps, juste avancer sans se poser de questions, en se laissant porter par l’histoire, peut être très rafraîchissant. D’ailleurs, en Nano, toutes les techniques sont permises : vous pouvez avancer totalement à l’aveuglette ou tracer au préalable le plan détaillé de votre récit. Tout ce qui vous est conseillé, c’est de NE PAS vous relire. Jamais. Sous peine de mort imminente du souffle créatif (et ça, c’est très très grave).

J’ai un peu triché sur le dernier Nanocamp, puisque j’ai alterné des phases de recherche et des phases d’écriture. Je pouvais le faire puisque j’avais fixé moi-même mon objectif (à 40 000 mots… alors qu’il en faut 50 000 pour le Nanowrimo). Mais par contre, je n’ai jamais relu mon texte pour le retravailler. Je le ferai après (et ça risque d’être aussi épique que l’écriture elle-même, mais ça… c’est une autre histoire).

4. Savoir s’entourer

Vous savez ce que tout participant à un Nanowrimo doit faire, juste après son inscription ? Annoncer au monde entier qu’il va nanoter pendant un mois ! Parce que quand on dit, en public, qu’on va tenter une expérience un peu folle comme celle-là, on se sent un petit peu plus obligé d’aller jusqu’au bout. Par conséquent, vos proches deviennent aussi vos soutiens (et commencent à accepter plus facilement votre besoin de vous isoler pour écrire).

Mais c’est aussi l’occasion de partager l’émulation d’autres auteurs. Et de s’encourager les uns les autres à avancer dans l’écriture de ce fameux roman. Rappelez-vous : on est toujours plus fort à plusieurs !

La cabin que j’ai eu l’occasion de rejoindre pour le dernier Nanocamp était pleine d’entrain et d’énergie. On se soutenait, on se poussait à écrire, même juste quelques dizaines de mots… Et on était tous fiers, le 1er mai, d’avoir terminé dans les temps et réussi notre pari !

5. Gardez l’envie

Participer à un Nanowrimo demande beaucoup d’énergie. Mais cela doit rester un plaisir. Si pour vous, vous installer devant votre bureau et tenter d’aligner les mots est une torture, arrêtez tout de suite de vouloir devenir un écrivain. Trouvez autre chose pour exprimer votre créativité. Parce que si vous n’éprouvez pas cet élan de joie à savoir que vous êtes en train de donner vie à un monde, si vous n’êtes pas émerveillé par chacun de ses nouveaux reflets, vous ne tiendrez pas pour un marathon d’écriture comme le Nano.

Moi, pendant ce Nanocamp, j’ai été ébahie par les réactions de mes personnages. Certains jours, je me demandais si j’avais raison de parler d’eux, s’ils présentaient un quelconque intérêt… Mais ils continuaient à m’émouvoir, à m’intriguer, à m’impressionner… Et je crois bien que j’aurais été incapable de les laisser partir avant la fin. C’est cela que vous devez ressentir. Pas moins.

Voilà comment je suis venue à bout du dernier Nanocamp

Winner du Camp Nanowrimo 2017

Maintenant, si vous êtes prêt, je vous préviens : le prochain Nanocamp est en juillet !

Quand la créativité va, tout va !

Quand la créativité va, tout va !

La créativité… Un concept un peu flou, auquel je réfléchis pas mal en ce moment. J’en ai même fait le sujet d’une petite vidéo sur ma chaîne YouTube… Mais c’était surtout une vidéo qui se basait sur ma propre expérience avec cette espèce de chose improbable, cette idée sauvage que personne ne peut capturer et qui nous saute parfois dessus sans que l’on soit prévenu. Oui, la créativité, c’est un peu un animal fantasmagorique, à mi-chemin entre la muse et l’exercice contraignant. J’ai pourtant eu envie de creuser un peu plus loin encore dans ce qui fait que la créativité est ce qu’elle est…

Quand la créativité va, tout va ! par Mélanie De Coster

Une définition ?

Comme toute littéraire qui se respecte, quand je veux mieux comprendre un concept, je regarde ce que d’autres en disent. Déjà, d’après le CNTRL, ce mot n’existe qu’au singulier. Il n’y aurait donc qu’une seule forme de créativité ? Je n’en serais pas aussi persuadée…

Mais voyons plutôt sa définition…

créativité = pouvoir qu’a un individu de créer, c’est-à-dire d’imaginer et de réaliser quelque chose de nouveau.

Donc, quand j’écris, que j’invente un nouveau monde et que je le rends réel pour les autres, c’est un pouvoir.

Je le savais bien, que j’aurais dû faire partie de l’école du Pr. Xavier !

Plus sérieusement, si c’est un pouvoir, cela signifie, je suppose, que tout le monde ne l’a pas (et un grand pouvoir implique de grandes responsabilités…)

Or, j’aurais tendance à croire que la plupart des gens peuvent être créatifs. Ils ont en tout cas ce potentiel en eux. Pas tous au même niveau, pas en l’exprimant tous de la même manière… Mais c’est bien présent, plus ou moins là, pas très loin…

Et du côté de la science ?

cerveau créatif contre cerveau logique ?

La science aussi s’est penchée sur la créativité. Si, si. Il semblerait que les travaux dans ce domaine se soient multipliés depuis 1883 et qu’il y ait eu de nombreuses études, des tests, des simulations… C’est que ces petits scientifiques en blouses blanches ont bien envie de savoir ce que c’est que ce fameux pouvoir.

Ils n’ont pas réussi non plus à le mettre en cage, ni à le synthétiser (la créativité, c’est que du naturel). Ils ont juste pu déterminer qu’il y a des phases de créativité plus ou moins actives, notamment selon les âges de la vie. Et que la faculté de créer, d’inventer, d’imaginer était modifiée par les facteurs environnementaux. On touche là au point suivant.

La créativité, ça se nourrit !

On est beaucoup plus créatif quand on a les outils pour l’être. La plupart des grands écrivains vous répéteront qu’il faut beaucoup lire. Lire, encore et encore, avant de se mettre à écrire. Et c’est le cas, je crois, pour la plupart des arts. Que ce soit pour totalement se démarquer, pour lancer un nouveau style, pour continuer sur la lancée de ses maîtres à penser… Peu importe. C’est en se nourrissant, même inconsciemment, de tout ce qui existe (ou du moins d’une grande partie. Je n’aurais jamais la prétention de lire tous les livres du monde. C’est une tâche infinie) que l’on peut le mieux créer.

Et quand je dis se nourrir… Ce n’est pas seulement absorber ce qui se rapporte de près à notre art préféré. Tout ce qui nous entoure peut alimenter notre esprit créatif.

La musique, le vent dans les feuilles d’arbre, la dispute de nos voisins… Tout ce qui est la vie sert la vie. Même si l’on crée quelque chose de nouveau, on ne le fait pas à partir du néant. C’est peut-être pour cela, aussi, que de nombreux créatifs sont autant dans l’observation. C’est leur manière de respirer le monde qui les entoure pour en créer un nouveau.

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Les gens créatifs seraient-ils différents des autres ?

Tout le monde est unique. Absolument tout le monde. Et chacun se sent différent des autres, particulier, pas dans le moule. Donc, oui, un artiste, un créatif, c’est aussi différent des autres. Comme les autres.

Mais peut-être en effet qu’ils voient le monde un peu à leur manière. J’ai lu un article qui présentait 18 choses que les gens créatifs font différemment. Évidemment, je me suis reconnue dans ce qui était écrit. Mais je serais surtout curieuse de savoir à quel point une personne qui ne se sent PAS créative trouverait des concordances entre elle et cet article. Je veux bien votre avis dans les commentaires sur ce sujet !

Surtout qu’il n’y a pas que les artistes qui soient créatifs. Un scientifique, un cuisinier et même un commercial peuvent l’être. La créativité est même maintenant au programme des grandes écoles. Est-ce une manière de la faire rentrer dans le moule ? Est-ce qu’on va l’étouffer à force de vouloir la susciter chez tout le monde ? Je ne crois pas. Mais il y a différentes manières de travailler sa créativité.

Exercices de créativité

Je suis toujours curieuse quand je vois ce genre d’énoncé sur un sujet d’article. Et presque invariablement déçue. Alors, non, il n’y a pas de recette miracle pour transformer votre cerveau en esprit créatif d’un claquement de doigt. Par contre, oui, la créativité s’entretient. Elle a besoin d’être nourrie, je l’ai dit, mais aussi de ne pas être délaissée. Si on perd l’habitude de faire appel à elle, elle se recroqueville dans un coin et devient aussi inerte qu’une vieille prune desséchée. Mais rassurez-vous : avec beaucoup de soins et d’attention, il est possible de la réhydrater. Ou de la planter dans son jardin et de récolter plus tard ses fruits. Bref, vous voyez, rien n’est jamais perdu dans ce domaine.

Je me suis amusée à chercher à savoir ce que des gens considérés comme créatifs avaient dit sur le sujet. Et je suis au regret de vous dire qu’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux.

D’un côté, nous avons les adeptes de la créativité forcée :

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Ce sont les mêmes qui affirment qu’il faut travailler tous les jours, absolument tous les jours, pour être un artiste digne de ce nom.

Puis il y a ceux qui s’appuient sur l’inspiration

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Ces deux courants de pensée n’étant pas contradictoires, bien au contraire : Ray Bradbury est aussi un fervent adepte de l’écriture quotidienne.

Pour être créatif, il ne faut pas toujours attendre que l’inspiration vienne. Parfois il faut juste se mettre devant son outil de travail, et dire « ok, je vais tenter de faire quelque chose. Ce sera extra-ordinaire. Ou pas. Mais au moins j’aurai avancé. Même si je dois tout effacer à la fin de la journée parce que c’est nul. Même ce que je rate me ramène à la création. »

Parce qu’on ne peut pas toujours juste attendre que la créativité vienne sonner à notre porte, dans un joli paquet bien enrubanné. Il faut aussi lui laisser la porte ouverte et lui montrer qu’on est là pour elle.

Ce qui distinguera un tâcheron sans inspiration d’un créatif qui transforme le monde ? Ce ne sera pas uniquement le travail, ni le fait de garder un esprit ouvert… Mais ça peut certainement en faire partie…

Au final, mes recherches m’ont au moins convaincu d’une chose : la créativité, personne ne l’a encore créée. Et même si de nombreuses personnes, chaque jour, cherchent à la comprendre (vous pouvez d’ailleurs regarder les conférences TED sur ce sujet), elle ne sera jamais totalement apprivoisée. Et c’est sans doute aussi pour ça qu’elle est si belle !

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Copier n’est pas tricher

Le plagiat, c’est le mal. On est bien d’accord. Pourtant, de manière étrange, il y a des moments où des histoires très semblables apparaissent au même moment. Ce peut être le cas pour des films aussi d’ailleurs. Cette concordance des temps très particulière ne signifie pas que les créatifs s’espionnent les uns les autres pour se piquer leurs idées mutuelles (je pense sincèrement qu’ils ont autre chose à faire. Je l’espère pour eux, en tout cas, sinon ce ne sont pas vraiment des créatifs). Personnellement, j’aurais plutôt tendance à croire qu’il existe des « idées » qui flottent dans l’air et que les auteurs de toute sorte ont des antennes très développées qui leur permettent de les capter avec un peu plus d’acuité que les autres personnes. (j’aurais encore plus tendance à croire à ça qu’aux esprits). C’est ainsi que l’on assiste à des convergences où on a l’impression que tout le monde parle de la même chose au même moment. Bien sûr, je ne nie pas pour autant les effets de mode (ne me parlez plus d’écoles de sorciers ou de vampires trop gentils pour être honnêtes, s’il-vous-plaît), mais il existe néanmoins des petits ions d’idées qui se créent et communiquent à notre insu.

L’auteur télépathe ?

Un créatif, même quand il s’appelle Thoreau, ne vit pas tout à fait isolé du monde. Il est forcément confronté aux préoccupations des gens qui l’entourent et qui vivent dans la vraie vie. Les artistes sont des gens sensibles, qui absorbent tout ce qui les entoure, ce qui les blesse parfois.
Si vous voulez faire partie des artistes les plus créatifs, il est essentiel que vous vous intéressiez à ce qui se passe autour de vous. Ne cherchez pas nécessairement à trouver des idées dans les faits divers (Flaubert l’a très bien fait, mais ce n’est pas une raison pour l’imiter), gardez juste l’esprit ouvert. Et, petit à petit, quelque chose va se dégager qui va provoquer chez vous une irrépressible envie d’écrire. Plus vous vous ouvrez à des sujets différents, plus vous serez à même de capter ces minuscules capsules d’idées qui ne demandent qu’à germer.
N’oubliez pas : les muses ne parlent qu’à ceux qui les écoutent.

Est-ce du plagiat ?

Le plagiat est plutôt mal vu de nos jours, avec raison. Il y a quelques décennies (et même un peu plus que cela) pourtant, c’était par ce biais que nombre d’auteurs se confrontaient pour la première fois à l’écriture. En se faisant la main et en cherchant à reproduire le travail réussi de maîtres accomplis, ils acquéraient des techniques qui leur étaient utiles dans leur propre écriture.
Nous vivons maintenant dans une époque où il faut être original à tout prix, ne pas faire « pareil » que les autres. Je ne vous dirais pas de copier, d’ailleurs, ce que les autres ont fait. La plupart du temps, vous ne parviendriez qu’à obtenir une pâle imitation qui ne sera même pas satisfaisante pour vous. Par contre, lisez. Beaucoup. C’est de cette manière que vous acquerrez plus ou moins inconsciemment des techniques et des outils. Même la « mauvaise littérature » peut vous apprendre ce que vous ne devez – ou ne voulez – pas faire. Prenez même des notes sur ce que vous aimez ou pas. Que ce soit dans la construction des histoires, dans les effets de style, dans la longueur des phrases… Tous les livres publiés peuvent vous servir de professeurs, ne négligez pas leurs leçons. Ce n’est pas du plagiat, c’est juste une demande de conseil qui n’est pas formulée à haute voix.

Tous les livres peuvent vous servir de professeurs, ne négligez pas leurs leçons.

3 conseils pour ne pas copier

Pour suivre votre inspiration et laisser celle des autres vous guider, voici quelques conseils simples :

  • Observez. Avec vos yeux, vos oreilles, votre nez, votre goût, votre toucher. Laissez le monde extérieur vous assaillir.
  • Déconstruisez. Vous admirez le travail de tel auteur ? Repérez ses tics d’écriture, analysez tout, ligne par ligne… Et prenez uniquement ce qui vous ressemble.
  • Soyez seul. Au moment d’écrire, oubliez tout ce qui a été fait avant. Votre cerveau continuera à l’utiliser sans que vous ne le dirigiez. N’essayez plus d’imiter : écrivez.
    3 conseils pour ne pas copier

Les bêta-lecteurs ne sont pas des bêtas

Si comme moi vous avez appris le grec ancien à l’école, vous vous rappelez que bêta est la deuxième lettre de l’alphabet dans cette langue (et alpha la première, pour ceux qui ne suivent pas). Cependant, un bêta-lecteur, c’est une personne qui connaît un petit peu plus que son alphabet en principe. Si vous ne connaissiez pas encore cette catégorie un peu particulière de lecteurs (non, ce ne sont pas personnes qui lisent uniquement des livres idiots), cet article pourrait bien vous convaincre de commencer une nouvelle collection d’amis.

Pourquoi vous allez détester votre bêta-lecteur ?

pourquoi vous allez détester votre bêta lecteur
Le bêta-lecteur, c’est LA personne qui va lire votre texte (allons, voyons un peu les choses en grand : votre roman) et qui vous dira ce qu’il en pense. C’est en principe la personne qui pointera du doigt que votre héros porte un pull rouge au début d’une scène et qu’il est devenu bleu une page plus loin. C’est aussi celui qui vous demandera pourquoi votre personnage principal a peur des chiens et à quoi sert cette information dans le livre puisqu’il ne croise jamais aucun animal. C’est également celui qui sera au regret de vous informer que votre intrigue tombe à plat au troisième chapitre ou que votre méchant en titre est complètement ridicule.
Soyons honnête avec nous-même : il y a toujours un moment où l’on déteste son bêta-lecteur. Franchement, qui a envie d’entendre toutes ces remarques négatives et de voir le moindre défaut de son œuvre surligné et mis en exergue ?
Si vous avez répondu « moi », c’est bien, vous êtes sur la bonne voie.

Ce que le bêta-lecteur n’abat pas nous rend plus fort

L’honnêteté, c’est une qualité importante. Et c’est justement celle que vous demandez à votre bêta-lecteur. Vous apprécierez certes d’avoir des amis qui encensent le moindre de vos écrits, qui se prosternent à vos pieds pour vous demander des dédicaces et qui estiment que vous êtes le meilleur auteur qui n’ait jamais existé sur Terre (quoi ? Vous n’avez pas ce genre de personnes dans vos relations ? Ah bon… Attendez un peu, si vous suivez les conseils de votre bêta-lecteur, cela pourrait arriver). Car, en reprenant toutes les petites incohérences de votre texte, votre bêta-lecteur vous aide également à l’améliorer. D’ailleurs, s’il n’est pas totalement sadique, il vous indiquera aussi les aspects positifs de ce que vous avez écrit… et peut-être même ses passages préférés (ouf ! Je suis sûre que vous commencez à vous sentir mieux).
Le rôle d’un bêta-lecteur, c’est de vous aider à améliorer encore votre texte. Pour que plus personne ne trouve rien à lui reprocher. Et il vaut certainement mieux qu’une personne vous critique que de recevoir de nombreux messages incendiaires sur ce même sujet.

Pourquoi les bêta-lecteurs vont toujours au pluriel

Depuis le début de cet article, on parle de bêta-lecteur au singulier. Dans l’idéal, pourtant, il faudrait en avoir plusieurs. Parce que toutes les personnes ne vont pas être attentives aux mêmes détails. Certains vont se concentrer sur les caractères des personnages, d’autres sur l’enchaînement des actions, d’autres sur les décors… La multiplicité des points de vue vous assure que votre œuvre est bien passée au crible.
Et que, si vous pouvez ignorer ce qu’un bêta-lecteur vous dit (oui, vous avez le pouvoir sur vos bêta-lecteurs), cela devient considérablement plus gênant si la même remarque est formulée à plusieurs reprises.
Cependant, limitez le nombre de bêta-lecteurs : plus le nombre d’avis est important, plus ils risquent de ne plus être constructif pour vous et de vous perdre. Dans l’idéal, vous restez quand même celui qui sait où il veut amener son histoire, et vous vous êtes déjà relu. L’avantage des bêta-lecteurs, c’est qu’ils ont le recul que vous n’avez plus. Mais trop de bêta-lecteurs vous éloigneront toujours plus de votre premier sentiment.

Ne soyez pas trop proche de vos bêta-lecteurs

Pour qu’un bêta-lecteur puisse réellement se montrer impartial, il est préférable qu’il ne soit pas trop proche de vous. Il aura ainsi moins de scrupule à lister ses critiques et son analyse de votre roman pourra être réellement constructive. Vous aurez également moins de mal à l’ignorer si ses remarques sont inutilement agressives et ont pour principal et unique effet de vous démoraliser. Certaines personnes mal-intentionnées ont malheureusement parfois tendance à abuser du pouvoir que confère la bêta-lecture.
Comme il n’est pas toujours facile de se constituer un réseau de bêta-lecteurs compétents, sachez que vous pouvez en trouver sur des forums d’auteurs ou laisser des annonces sur votre site et les réseaux sociaux. C’est également un très bon moyen d’élargir le cercle de vos connaissances et de profiter des conseils d’autres personnes qui, comme vous, sont des auteurs dans l’âme.

petite annonce pour chercher un bêta lecteur

Se préparer pour une conférence

Je donne régulièrement des conseils sur l’écriture sur cette page. Mais comme il m’est arrivé d’être sollicité pour présenter une conférence (je vous en avais déjà parlé), je me suis dit que vous seriez sans doute bien heureux de savoir comment vous préparer si vous deviez participer à ce genre d’événement. Voyons donc ce que mon expérience m’a appris.

Prendre confiance en vous

Si on vous a demandé de prendre la parole pour une conférence, c’est que certaines personnes estiment que vous êtes expert sur le sujet. Peu importe que vous n’en soyez pas persuadé vous-même. Croyez-moi : je souffre du syndrome de l’imposteur, j’ai toujours l’impression que quelqu’un va venir me pointer du doigt en me demandant pour qui j’ose me faire passer. Après avoir eu mon permis de conduire, j’ai craint pendant des années que l’on ne vienne me le retirer en me disant qu’il s’agissait d’une regrettable erreur. Vous voyez maintenant à quel point je peux douter de moi !
Peu importe pourtant la piètre opinion que vous avez de vous-même : d’autres croient en vous, et c’est le plus important.
Évidemment, il faudra mériter cette confiance. Et c’est là que nous passons à l’étape 2.

Vous préparer

Hop, le regonflage d’opinion est terminé, c’est bien. Mais qu’est-ce que vous allez bien pouvoir raconter à cette conférence ? Vous avez un sujet, donc il faut vous documenter sur celui-ci. En théorie, vous avez quand même déjà quelques notions sur lui, sinon personne n’aurait fait appel à vous. Mais il serait peut-être pertinent de repréciser ce que vous voulez réellement en dire.
Pour ma conférence, j’ai commencé par lister les différents points que je souhaitais aborder. Un petit brain storming sur le papier, pour vérifier quels éléments m’évoquaient le sujet de la conférence (elle portait sur la littérature fantastique à destination de la jeunesse, pour les petits curieux). J’avais donc une liste d’idées, il me restait à les organiser, à les articuler entre eux et à commencer à rédiger mon texte. Oui, j’ai absolument tout écrit sur le papier. Certains experts peuvent sans doute se contenter de quelques notes jetées à la volée pour parler pendant une heure en public, ce n’est pas encore tout à fait mon cas.

Vous n’êtes pas seul

Même Brel le disait : « non, Jeff, t’es pas tout seul ». Et vous ne l’êtes pas non plus pour votre conférence. Appuyez-vous sur les travaux d’autres personnes pour étayer vos propos. Attention, je ne vous dis pas de les plagier honteusement : chaque référence doit être citée et attribuée à son auteur. Mais en vous entourant, même virtuellement, de leurs réflexions, vous étayerez vos dires et votre présentation sera encore plus complète. Savoir se documenter, c’est tout un art. Mais c’est aussi un plaisir. Vous pourriez découvrir d’autres pistes, creuser des éléments qui vous intéressent. En préparant une conférence, on s’instruit soi-même.
Tweet: En préparant une conférence, on s'instruit soi-même. http://ctt.ec/xcf8_+Tweet: En préparant une conférence, on s’instruit soi-même. http://ctt.ec/xcf8_+

Sur le papier

Comme je le disais, j’ai écrit tout le texte de ma conférence. L’avantage, outre de m’assurer que mon propos était bien construit, c’est que cela me donnait aussi une limite de temps. J’ai calculé qu’une page de texte avec une police de caractère classique, police 12, correspondait à environ 3,5 minutes de parole. Je vous laisse calculer combien de pages j’ai dû écrire pour une heure de conférence…

Et dans la tête

Il va de soi que vous n’allez pas garder le nez collé à votre papier devant votre public. Surlignez ou passez en gras quelques mots plus importants, qui vous serviront de repères au moment de prendre la parole. Lisez et relisez votre texte histoire de l’avoir bien en tête le moment venu, et de vous rappeler dans quelle direction vous voulez aller. Et puis lancez-vous. Peu importe si vous ne lisez pas tout ce que vous avez écrit. Peu importe si vous oubliez quelques exemples. Ce qui importe, c’est que vous soyez là, à ce moment-là, pour partager un peu de ce que vous avez appris avec ceux qui vous écoutent. Alors, regardez-les et parlez-leur.

 

Un peu d’accessoires

Personnellement, j’aime bien m’appuyer sur une présentation à vidéo-projeter pendant que je parle. Cette pratique retient l’attention et vous permet d’appuyer sur les points les plus importants, tout en dynamisant un peu vos propos. Attention cependant à ne pas afficher des diaporamas contenant trop de textes, sinon votre public les lira au lieu de vous écouter.
Variez le ton, ménagez le suspense en créant des micro-pauses au moment de parler, posez des questions, même rhétoriques, avant de leur donner une réponse… Votre exposé en sera d’autant plus vivant.

Faites face aux imprévus

Tout peut arriver pour une conférence. Pour la mienne, une vidéo que j’avais prévue n’a jamais pu être diffusée, et on m’a demandé, juste avant que je ne passe, de raccourcir ma présentation car il y avait du retard sur le programme. J’ai présenté une conférence d’une demi-heure alors que j’avais prévu de parler une heure. C’était un peu frustrant, mais ça m’a obligé à rester concentrée et les organisateurs ont été satisfaits de mon adaptabilité. Si vous connaissez votre sujet, vous êtes capable de le résumer. Et les gens préféreront toujours une personne qui sait synthétiser à une autre qui s’étale en longueur parce qu’elle ressasse ses propos sans savoir s’arrêter de parler.

Une histoire courte

Je vous avais parlé récemment des Drabbles, ce petit exercice d’écriture qui impose de rédiger une histoire en quelques lignes à peine. Pour y parvenir, il faut savoir être condensé, précis dans ce qu’on veut transmettre. Il faut aussi être capable de couper drastiquement dans son texte afin de n’en garder que l’essentiel.
Je sais à quel point cette particularité peut être compliquée pour les auteurs débutants. Vous avez envie d’écrire, de remplir des pages et des pages. Votre plume bave sur le papier et vous vous prenez pour des Balzac ou des Proust des temps modernes, qui ne savent plus quand il est temps de s’arrêter d’écrire.
Or, parfois, enlever des éléments superflus dans son texte permet de le rendre plus pertinent, plus recentré, et de captiver encore plus l’attention du lecteur.

 Donc, ne vous laissez pas emporter par le flot de votre écriture. Pour le premier jet, oui. Pas pour la suite. Vous entraîner à composer régulièrement des textes courts, avec des critères très stricts, comme ceux des Drabbles, vous apprendra à vous concentrer sur ce qui importe réellement dans vos textes.

Le prix pépin de l’écriture courte

Les drabbles sont des exercices très personnels, même si des concours sont régulièrement organisés entre participants de cette méthode (essentiellement dans le monde anglophone… il y a peut-être quelque chose à faire de ce côté-là ici aussi ?).
En France, encore plus court que les Drabbles, il existe le prix Pépin. Il est trop tard pour participer à celui de cette année, mais vous avez un peu de temps pour vous entraîner.
Le prix Pépin, c’est quoi ? Un texte de science-fiction (oui, avec des extraterrestres et des vaisseaux spatiaux dedans, si vous les aimez) qui doit comporter moins de 300 signes, espaces compris. Oui, oui, vous avez bien lu ! Inutile de vous dire que c’est un exercice particulièrement difficile. Je m’y suis frottée cette année, et voilà les textes que j’ai proposés :
P { margin-bottom: 0.21cm; }

Journal télé

Il ouvrit la porte. Elle donnait maintenant sur le vide. Seule sa maison reposait encore sur une surface solide, son jardin avait disparu. Il n’avait plus qu’une solution : rentrer et regarder la suite des informations. Peut-être donneraient-ils d’autres indications sur les événements.


Au restaurant

Le menu était appétissant mais il ne contenait pas assez de protéines à son goût. Tom tendit la main vers son sac et y prit le lot d’humains en sachets qu’il avait acheté un peu plus tôt. Heureusement que le restaurateur acceptait que ses clients apportent de la nourriture extérieure.
Aucun de mes textes n’a été validé, mais que cela ne vous empêche pas de vous faire une idée plus précise du processus en lisant ceux des autres participants. Surtout que vous avez jusqu’à la fin du mois de mai pour voter pour vos préférés. Vous trouverez toutes les infos sur la page Facebook du prix Pépin 2016

Maintenant, c’est à votre tour de vous entraîner. Je serais curieuse de voir ce que vous avez à proposer…

De l’usage du drabble

Je vous avais promis de vous parler du drabble il y a quelque temps déjà. Il était donc urgent de m’y mettre, car je sais que vous trépigniez d’impatience derrière vos écrans, prêts à me lancer des soucoupes entières pleines de thé refroidi pour fustiger mon retard.
Voici donc une petite technique qui peut aider à débloquer l’écriture, ou juste à s’échauffer la plume (ou le clavier, bien entendu).
Un drabble, c’est une courte fiction de seulement 100 mots. Elle doit raconter une histoire, avec un début, un milieu et une fin, en 100 mots exactement. (et c’est sans doute le moment où vous apprécierez les traitements de texte et leur comptage automatique de mots).
Cent mots, cela peut s’écrire extrêmement rapidement. L’aspect difficile, en réalité, c’est de contenir une histoire dans cet intervalle. L’exercice du drabble n’est d’ailleurs pas tout à fait identique selon la langue dans laquelle vous le pratiquez. Il paraît que c’est en cherokee qu’il est le plus facile de raconter une histoire avec peu de mots, mais je ne vous conseille pas pour autant d’apprendre immédiatement cette langue avant de vous mettre à écrire.
Les drabbles ne sont pas encore extrêmement connus dans le monde littéraire francophone, ils sont beaucoup plus développés outre-atlantique, où vous pourriez participer à des concours de drabbles, ou trouver des « prompts » (mots-clés, émotions, idées d’écriture… au choix) pour vous lancer.

L’avantage du drabble, c’est qu’il permet de se recentrer aussi sur son écriture, et de fournir un moment-clé par rapport à une émotion de vos personnages. Et aussi, je le répète, qu’il peut s’écrire très rapidement.
Juste pour le plaisir de l’écriture, voilà un petit drabble qui concerne un événement lié au personnage principal du roman que j’écris actuellement. Pour laisser le hasard en place (c’est là aussi le plaisir du drabble), j’ai pioché au hasard le mot « milk shake ». Voyons ce que cela donne.

Je savais que je perdais mon temps en m’attardant dans ce rayon. C’étaient les desserts qui me faisaient du mal. Personne dans le village n’aurait pu monopoliser les ingrédients nécessaires à leur préparation, à part le maire, peut-être. Je me demandais pourquoi ce livre n’avait pas encore été ôté de la bibliothèque. Je le craignais, alors je n’osais pas poser de questions sur les mets que je ne comprenais pas, comme sur cette boisson rosée qui se présentait dans un verre. J’aurais voulu savoir lire pour connaître le nom de ce dessert à boire. Sa vision me remuait complètement.

Comme vous le voyez, c’est extrêmement court. Un drabble de ce style donne plus l’impression de regarder par le trou de la serrure pour avoir une vision d’un court moment de la vie de son personnage. J’aime bien pourtant, pas vous ?