Et voilà… Image(s)

Et voilà… Image(s)

Il y a des histoires qui ont plusieurs vies. Image(s) en fait partie.

ttire image

Il était une fois

Il était une fois une étudiante parisienne dont le studio est situé tout près des marchés aux puces de Saint-Ouen (oui, cette étudiante, c’était moi).

À cette époque, j’écrivais surtout des nouvelles. Et l’une d’elles s’est incrustée dans ma tête, elle ne voulait pas se limiter à l’espace trop exigu que j’accordais aux nouvelles à l’époque. Ce devait être un roman. Ce serait un roman. Et c’est ainsi qu’une première version, qui s’appelait alors Comme une image, est née.

Au fil du temps, Comme une image a connu diverses versions, et divers titres. Il a même été question d’en faire un scénario (Christophe, si tu me lis, je suis toujours partante pour ce projet!).

Aujourd’hui, sort une version remaniée, qui correspond mieux à ce que j’aime écrire maintenant, sous le titre de Image(s).

image(s) web

Quelles sont les particularités de Image(s) ?

C’est vrai, vous vous demandez peut-être pourquoi lire ce livre. Et la réponse vous disant : parce que c’est Mélanie De Coster qui l’a écrit n’est peut-être pas suffisante pour vous.

Alors, que trouverez-vous dans ce roman ?

  • Une stagiaire journaliste, tellement déterminée à réussir qu’elle en commet quelques maladresses
  • un écrivain bien mystérieux qui adore raconter des histoires
  • de nombreuses histoires dans l’histoire (j’avoue que je me suis régalée sur cette partie)
  • du suspense : qui sont les méchants ? Est-ce que quelqu’un va s’en sortir vivant ?
  • Une histoire courte, sans temps morts

Mais il y a encore plus, non ?

Ah, on voit que vous me connaissez bien.

Comme je vous le disais, dans Image(s), il y a des histoires dans l’histoire. Et cela se lit, mais aussi se voit. Dans la mise en page intérieure, vous verrez des notes, des lettres échangées par les personnages, des machines à écrire qui cherchent à vous induire en erreur (seulement dans la version papier pour ce dernier effet).

Capture d_écran 2018-07-26 à 02.41.02

Et bien oui, j’aime bien jouer sur la mise en page, vous commencez à le comprendre !
En tout cas, ce roman est d’ores et déjà disponible en format papier et numérique. Et vous pourrez bientôt également le commander chez votre libraire préféré !

 

Publicités
Écolo et auteur, c’est possible ?

Écolo et auteur, c’est possible ?

J’écris des livres. Et je m’intéresse à la préservation de notre planète. Est-ce qu’il y a un rapport entre les deux ? Pour moi, oui. Je vais vous expliquer pourquoi. Et, surtout, comment je le mets en pratique.

Ecolo et auteur, c'est possible ?

Un auteur est-il une personne responsable ?

J’écris des livres. Avant tout parce que j’aime raconter des histoires (et que mes personnages m’infligeraient mille tortures si je les abandonne). Mais j’ai toujours aussi été consciente de ma responsabilité en tant qu’autrice.

Quand j’étais (beaucoup) plus jeune, j’étais incapable de mettre en scène un véritable méchant. C’est une des raisons pour lesquelles j’aurais sans doute beaucoup de mal à écrire du polar. Pour moi, créer un personnage qui soit vraiment, intrinsèquement et profondément mauvais, prêt à commettre des atrocités, c’était impossible. C’était comme d’amener volontairement sur la planète quelque chose de mauvais. Pourquoi vouloir faire ça au monde ?

Pour la folie, merci de repasser plus tard-2.jpg

J’ai (un peu) évolué sur ce pan de l’écriture, mais il n’en reste pas moins que je sais que ce que j’écris porte aussi un message. Parce que les livres nous apprennent aussi la vie. Je suis sincèrement persuadée que je tiens mon esprit ouvert et mon empathie de tous les romans que j’ai pu lire. Et je tiens à transmettre ces notions dans mes textes aussi.

Je préfère qu’un lecteur me dise « je ne regarde plus les personnes en fauteuil roulant de la même manière grâce à votre roman » que « j’ai appris comment découper un corps en cinq parties grâce à vous ».

(et je ne critique absolument pas ceux qui mettent en scène des meurtriers, c’est juste qu’ils me font trop peur pour que j’aie envie de rentrer dans leur tête)

Quel est le lien entre l’écriture et l’écologie ?

Si le contenu de mes textes est important, ce qui les entoure l’est tout autant. Et je ne vous parle pas de l’image de couverture, de la manière dont je communique ou des séances de dédicace. Ni même de la mise en page du livre.

Mais, tout simplement, de l’objet dans ce qu’il a de plus pur : le papier. Et la manière dont il est choisi et imprimé.

Parce que oui, j’aime bien les arbres, mais j’aime tout autant les livres papier. Et que je ne suis pas prête, je l’avoue, à renoncer aux deuxièmes au profit des premiers.

Ce qui ne m’empêche pas de chercher un moyen pour protéger la planète tout en produisant mes livres. Et donc, toujours dans un esprit responsable, de montrer « le bon exemple » (oui, j’étais l’aînée de ma famille, le bon exemple, c’est un concept que je connais très bien).

C’est quoi un livre écolo ?

Un livre écolo, c’est un livre qui utilise des procédés un peu moins cra-cra que les autres pour arriver sur le marché.

Pour ma part, en tant qu’autrice indépendante, j’ai regardé un peu ce que les imprimeurs proposaient. Et si j’ai décidé de faire imprimer mes livres par BOD, c’est :

  • pour que vous puissiez les commander facilement en librairie
  • pour qu’ils soient imprimés sur un papier FSC

    logo-fsc-forets-pour-tous-pour-toujours

Ce label FSC signifie que « le produit est fabriqué à partir d’un minimum de 70 % fibres de bois issues de forêts certifiées FSC et/ou de fibres recyclées post-consommateur, et de 30 % maximum de Bois contrôlé (control wood) et/ou de fibres recyclées pré-consommateur. »

Du bois issu de forêts gérées de manière responsable, c’est plutôt pas mal, et ça correspond assez à mon engagement. Dans l’impression sur demande (qui évite des stocks de livres imprimés pour rien puis jetés quand plus personne n’en veut, et donc un gaspillage de ressources conséquent), cette option supplémentaire était importante pour moi.

Et moi j’y gagne quoi en tant qu’autrice indé ?

Personnellement, et comme je tiens à être transparente avec vous, je gagne moins d’argent avec un livre imprimé via BOD que si je le mets en ligne directement sur Amazon.

Mais le double avantage cité plus haut (vous pouvez faire vivre votre libraire en commandant mes livres chez lui ET je contribue à la préservation de la planète) vaut, pour moi, ce léger sacrifice.

Cette forêt existe peut-être grâce à nous !.jpg

La question que je me pose, c’est si, pour vous, en tant que lecteur, c’est un détail qui a aussi son importance ?

 

 

Photo by Becca Tapert on Unsplash
Photo by arvin febry on Unsplash
Photo by Casey Horner on Unsplash
Photo by Tyler Lastovich on Unsplash

Pourquoi des héros en fauteuil roulant ?

Pourquoi des héros en fauteuil roulant ?

Ma première réponse à « pourquoi des héros en fauteuil roulant » c’est : et pourquoi pas ? Non, réellement, qui a dit que les héros devaient forcément être beaux, riches et musclés pour attirer les foules ? Ah oui, peut-être l’éditeur qui m’a dit, quand je lui ai fait lire le manuscrit de De l’autre côté des mondes : « personne ne va s’intéresser à un groupe de personnages. Et encore moins s’ils sont en fauteuil roulant ».

pourquoi des héros en fauteuil roulant

Comment on choisit ses personnages

Dans certains cas, on choisit ses personnages. On décide qu’ils auront telle apparence, tel caractère, qu’ils raffolent du chewing-gum et qu’ils détestent la cannelle… Parfois, ce sont eux qui nous choisissent. J’avoue que c’est souvent le cas pour moi.

Je ne me dis pas, avant d’écrire : tiens, je vais montrer un homme noir, histoire de rajouter un peu de diversité dans mon histoire. Les personnages s’imposent à moi, ils apparaissent, je les décris comme je les vois, j’apprends à les connaître et à détailler leurs caractères, leurs goûts. Pour moi, ils sont réellement vivants et, d’ailleurs, parfois leurs actes me surprennent.

Mais ça, c’est parce que j’écris sans plan

Alors pourquoi des fauteuils roulants dans mon roman

C’est une question qui revient souvent. Ainsi que la suivante « mais vous avez des personnes handicapées dans votre entourage proche ? ». En réalité, non. Mais je n’ai pas non plus découvert de faille pour voyager dans un monde parallèle. C’est ça, être auteur : être capable d’interroger le réel, de le transcender et d’imaginer des choses que l’on n’a pas vécues.

Un peu de documentation ne fait jamais de mal, cela dit !

Cette histoire, j’en ai tracé les premiers mots il y a bientôt vingt ans. Et, dès le début, mes personnages étaient handicapés. Je trouvais ça intéressant de me demander comment on pouvait sentir jusque dans sa chair le malaise de l’adolescence, l’impression d’être différent, seul… et passer ensuite dans un monde différent où tout devient possible.

Dans la vie, tout le monde est handicapé

Le rejet, la différence, ce sont là des thèmes qui me parlent et me touchent profondément. Et il faut bien reconnaître que le monde public, l’environnement scolaire, n’est pas toujours très tendre, ni très facilitateur dès qu’il y a un handicap.

Est-ce que le handicap est tout ce qui caractérise mes personnages ?

Pendant un certain temps, quand je présentais mon roman, je n’insistais pas sur le fait que les personnages étaient en fauteuil roulant. Pour moi, il s’agissait simplement de jeunes, certes un peu fragiles mais comme beaucoup d’entre eux, qui voyageaient vers un autre univers et y vivaient de nombreuses aventures.

Puis, d’autres personnes m’ont fait remarquer que c’était une caractéristique forte du roman. Les personnages tétraplégiques ne sont pas les plus nombreux en littérature fantastique. Et certains considéraient cela comme novateur, comme un souffle d’air frais. Une manière de dire « hé ho, tout le monde peut vivre des aventures. Même des handicapés. »

Le handicap ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt

C’était, et ça reste, important pour moi que ce ne soit pas la seule chose qui les détermine. Mes personnages ont des caractères bien distincts, des sensibilités qui leur sont propres, ils sont tous différents. Le handicap n’est pas ce qui les résume !

Pourquoi les choses changent quand ils découvrent ce monde parallèle

Aujourd’hui, si je devais réécrire ce roman, peut-être que mes personnages emmèneraient leurs fauteuils avec eux dans le monde parallèle.

Mais la différence entre les deux univers pousse aussi mes héros à mieux se découvrir. Ils comprennent de nombreuses choses sur eux-mêmes et sur leurs forces justement parce qu’ils ont l’occasion de découvrir ce qu’ils pourraient faire s’ils n’étaient plus sanglés sur un fauteuil et dépendant de lui.

Et ce contraste est un des moteurs du roman.

Est-ce que c’est important d’avoir des personnages « différents » ?

Je crois que tous les personnages ont des failles, plus ou moins importantes. C’est cela aussi qui nous permet de nous intéresser à eux.

Je crois aussi que les romans transmettent des messages. Oui, s’il faut des romans avec des personnages féminins forts, avec des héros de couleurs diverses, avec des étrangers, des handicapés, des homosexuels… pour que le monde arrête de les regarder de travers, c’est important d’en écrire.

Il ne faut pas oublier que l’on se construit avec les livres, et que l’on construit aussi son empathie grâce à eux.

À ce sujet, je vous invite à lire le très bon article de Jo Ann von Haff : comment ajouter de la diversité dans ses romans.

La différence, c'est là où se niche la beauté intérieure

Est-ce que ça veut dire que je choisirai délibérément de placer ce type de personnages dans mes prochains livres ? Je ne sais pas. Parce que les personnages décident eux-mêmes, d’une part, et aussi parce qu’il ne faut pas qu’un tel procédé semble ampoulé, mal venu, sans raison d’être.

Mais… même si je ne fais pas de la littérature militante, le message que je transmets avec mes livres est important pour moi. Et, pour tout vous dire, comme je me sens de plus en plus concernée par ces sujets, il est fort possible que l’information circule au sein des personnages en attente d’auteurs et que quelques-uns viennent me voir. Ou se soient déjà introduits dans mes prochains romans.

J’aurais une question pour vous, sur ce sujet : quel type de personnage regrettez-vous de ne pas voir plus souvent dans les romans ?

 

Cet article a pu être écrit grâce aux Tipeurs :

Lameecarlate – Rodolphe

Devenez un mécène

Comment s’est passé mon premier salon en tant qu’autrice ?

Comment s’est passé mon premier salon en tant qu’autrice ?

Qui dit sortie de nouveau livre, dit aussi campagne de communication pour le montrer. Et il n’y a rien de plus efficace que d’aller directement à la rencontre des lecteurs. C’est avec cette conviction que j’ai commencé à remplir mon calendrier de dates de signatures…

La première d’entre elles s’est déroulée ce samedi 11 novembre à la librairie Richer, à Angers. L’occasion pour moi de revenir sur mes émotions et les faits liés à cet événement.

Avant le salon

Tout a commencé par une rencontre. Non, il ne s’agit pas d’une histoire d’amour, mais bien de la manière dont j’ai eu l’occasion de participer à un salon littéraire pour la première fois. Lors d’un échange avec l’un des libraires de chez Richer (dont nous préserverons l’anonymat. Disons juste qu’il s’appelle N. et qu’il est célébré en Belgique le 6 décembre…), j’ai parlé de la sortie du Secret du vent. Et c’est ainsi que N. m’a invitée à me joindre à Richer 49, un salon qui regroupe des auteurs venus uniquement du Maine et Loire.

Très enthousiaste, j’ai contacté-relancé-harcelé (rayez la mention inutile) mon éditeur pour que les livres arrivent à temps à la librairie. Et j’ai aussi pu venir avec des exemplaires de De l’autre côté des mondes (il est tellement beau avec sa nouvelle couverture qu’il méritait sa place sur la table).

Pour la petite histoire, mes livres ne sont jamais arrivés… Heureusement que j’avais du stock à la maison que j’ai pu amener le jour-même de la séance de dédicace.

Quelques heures avant

Alors que j’étais jusque-là plutôt confiante, la nuit précédent la signature, j’ai cumulé des rêves étranges sur le sujet. Dans l’un d’entre eux, Little Finger m’obligeait à vendre des produits pour lui en même temps. (pour ceux qui ne le connaissent pas, Little Finger fait partie des personnages de Game of Thrones avec lequel il vaut mieux ne pas être en affaires).

little finger

J’ai aussi rêvé que les autres auteurs s’étalaient sur la table et ne me laissaient pas de place, que j’étais payée avec des bons pour des tours en montagne russe (moi qui ai horreur de cela)… Bref, quand je me suis levée ce matin, j’étais loin d’être rassurée !

J’ai lancé un appel sur ma page Facebook pour demander des encouragements. Et je remercie encore tout ceux qui ont répondu à ma demande et dont j’ai senti la confiance et l’affection auprès de moi tout au long de la journée.

J’ai aussi eu l’occasion de covoiturer avec une autrice voisine (coucou Laure Manel), ce qui a bien contribué à faire baisser mon trac.

L’arrivée sur place

Et nous voilà aux portes de la librairie. Les tables sont bien installées. Il y a mon nom et mes livres dessus. Je suis à quelques pas de l’entrée, accueillie avec un cadeau du libraire (un beau stylo) et coachée par une « nounou » qui nous distribuera tout au long de la journée boissons chaudes (du thé pour moi, évidemment) et grignotages. L’accueil était vraiment extraordinaire.

De 15 h à 19h, je n’ai pas vu le temps passer. J’ai discuté avec mes voisins de table, j’ai présenté mes titres lors d’une table ronde, j’ai rencontré de nombreux lecteurs, dont la plupart me découvraient. Et quelle émotion !

C’est le moment où j’ai envie de remercier Héloïse, qui ne parvenait pas à se décider entre Le Secret du vent et De l’autre côté des mondes (et qui a pris les deux ! C’est aussi pour ça que j’essaye que mes livres ne coûtent pas trop chers, pour qu’ils soient accessibles à tous), ou encore le frère de Sylvie qui m’a acheté ce roman pour l’offrir à sa sœur, cette grand-mère qui voulait un titre pour son petit-fils et tous ceux qui se sont arrêtés et avec qui j’ai échangé !

thank.gif

Le début d’une tournée

À la fin de la journée, j’étais sur mon petit nuage. Moi qui sors généralement épuisée des moments que je passe avec d’autres personnes, je suis repartie avec un tel niveau d’énergie que j’ai mis des heures à m’endormir une fois le soir venu.

Pour la première fois, j’ai compris ce que peut ressentir une rockstar à l’occasion d’une tournée. Oui, la comparaison est peut-être exagérée, mais c’est exactement le sentiment que j’avais !

Peut-être que je ne dirai plus cela après cinquante séances du même style… Seuls les briscards des séances de dédicace pourraient me le confirmer. Mais j’ai vraiment adoré ces échanges… et je suis repartie avec l’envie d’en faire plein d’autres.

Ce qui tombe très bien, puisque d’autres dates sont déjà prévues :

– le 25 novembre à la médiathèque de Goven

– le 2 décembre au Super U de Mazé

– le 3 décembre au salon du livre populaire à Elven

– le 7 avril au Festival ImaJn’ère à Angers (et voici d’ailleurs deux photos prise par eux lors de ce salon)

Mélanie De Coster - Richer 49

Mélanie De Coster Richer 49

D’autres dates sont encore en préparation, ne manquez pas de vous inscrire à ma newsletter pour les découvrir ! J’ai hâte de vous rencontrer…

Enregistrer

Le Secret du vent sort en version papier

Le Secret du vent sort en version papier

Il y a des moments clés dans la vie d’un auteur. Aujourd’hui, c’est celle de la sortie papier du Secret du vent. Elle a été précédée de nombreuses autres étapes.

lancement secret du vent

Un éditeur a sélectionné le titre

Nous sommes en 2012. Je déménage dans une région inconnue, que je me plais à découvrir. J’ai un peu plus de temps pour moi, un réel espace bureau. Je me remets à écrire un peu plus sérieusement. Et, sans vraiment trop y croire, j’envoie un manuscrit à une maison d’édition. Oui, à une seule. (je vous avais dit que je n’y croyais pas trop)

HQN à cette époque ouvre ses portes, et recherche de nouveaux auteurs, tous genres confondus. Je me dis que je n’ai rien à perdre à tenter l’aventure…

Le temps passe.

Et puis, un jour, je reçois un message sur mon téléphone « bonjour, nous avons lu avec attention votre manuscrit, L’île de la sorcière, et nous souhaiterions l’éditer. Est-il toujours disponible ? »

Je vous passe les sauts de joie un peu partout dans la maison, l’appel surexcité à mon chéri et la grosse respiration prise avant d’appeler l’éditeur.

joie2

Mon roman, qui s’appelait donc à l’époque L’Île de la sorcière, reçoit plein de compliments. J’entends qu’il s’agit de bit-lit qui sort des poncifs du genre, qu’il est vraiment intéressant et qu’ils sont enthousiastes à l’idée de le présenter. Il sortira uniquement en numérique dans un premier temps, puis, si le succès est au rendez-vous, la parution papier pourra être envisagée.

Des hauts et des bas

Tout était bien parti pour le titre qui allait s’appeler Le Secret du vent. Même si, entre temps, l’éditrice avec laquelle j’étais en contact est remplacée et que la maison d’édition a l’air de se tourner de plus en plus vers la romance. Mon contrat était signé et tout le monde (moi la première) avait envie d’y croire.

Le titre sort, en numérique donc. J’ai quelques doutes sur sa couverture et je ne suis pas certaine que le positionnement sur l’histoire d’amour (qui ne constitue qu’une partie de l’histoire) soit vraiment adéquat. Mais je fais confiance.

1ebd0-hqn_le_secret_du_vent

Le livre s’est vendu. Mais jamais suffisamment pour envisager la parution en papier. Je suis en partie responsable : j’étais persuadée à l’époque que c’était la maison d’édition qui se chargeait de la communication et de la promotion, et je suis restée inactive de ce point de vue-là.

Ils ont pourtant fait ce qu’ils pouvaient, ressortant même l’ouvrage dans un format Bundle avec une autre couverture.

4226b-hqn_clairdelune_1couv

J’ai pourtant quelques bonnes critiques. Et de plus en plus de personnes me demandent s’il sortira un jour en papier…

Prendre l’imprimeur par les cornes

Après beaucoup d’hésitation, je me décide à contacter HQN pour savoir s’il est possible d’envisager que je récupère les droits papiers de ce roman. Je n’ai rien à leur reprocher, mais je veux tenter une autre approche pour mon titre.

On se met d’accord et le livre s’apprête à repartir pour une nouvelle aventure.

À ce moment-là, la question s’est posée : auto-édition ou recherche d’un éditeur classique ? Qui accepterait de récupérer uniquement les droits papiers du livre ?

J’ai préféré ne pas perdre mon temps et mon énergie et faire, cette fois, ce que moi je voulais pour ce titre.

C’est ainsi que j’ai opté, après plusieurs échanges avec une graphiste, pour une couverture qui me plaît vraiment.

Secret du vent couv web

Et que j’ai même travaillé les pages intérieures pour proposer un livre qui soit aussi un bel objet à manipuler !

J’ai aussi revu le texte de la quatrième de couverture pour aller vers l’univers que je voulais vraiment mettre en avant dans ce roman.

Comment survivre sur une petite île de Bretagne quand on est une sorcière ? En refusant d’accepter ses pouvoirs.

C’est le choix que Gwenaëlle a fait des années plus tôt.

Mais le vent souffle, les légendes se réveillent… Et le passé de Gwenaëlle et de celles qui l’ont précédée la rattrape.

Alors que les éléments se déchaînent et que les événements se précipitent, comment assumera-t-elle son héritage ?

Et j’ai même concocté un petit booktrailer :

Et comme j’ai envie de lui donner un maximum de chance, Le Secret du vent peut même être commandé directement en librairie (il suffit de donner à votre libraire son titre et son auteur).

Dans les semaines qui viennent, je vais aussi participer à un certain nombre de séances de dédicaces. Essentiellement dans ma région mais je ne suis pas opposée à l’idée de me déplacer ailleurs.

Le Secret du vent est maintenant prêt à s’envoler !

Et si on parlait de la rentrée littéraire ?

Et si on parlait de la rentrée littéraire ?

J’ai eu l’occasion de discuter récemment avec un libraire (de la librairie Richer, pour ne pas donner de nom) à propos de la rentrée littéraire. Voilà les faits que j’en ai retenus, qui intéresseront autant les lecteurs que les auteurs.

à propos de la rentrée littéraire

La rentrée littéraire en chiffres

chiffres rentrée littéraire

Chaque année, entre mi-août et octobre, ce ne sont pas des dizaines de titres qui paraissent, mais des centaines… Oui, rien que ça ! Parmi eux, il y avait, en 2017, 81 nouveaux romans. Autant dire que ce n’est pas très facile de parvenir à se faire remarquer dans cette avalanche de titres qui arrivent en librairie.

Mais, justement, parviennent-ils tous sur les rayons et les tables de nos libraires préférés ?

D’après le libraire, quand un éditeur sort quelques dizaines de titres pour la fin de l’été, il n’en présente réellement que cinq ou six aux libraires. Oups ! Et double-oups quand on sait que le libraire va sans doute lui-même effectuer une sélection parmi ces ouvrages.

À leur décharge, il est presque impossible de tous les lire : même moi, qui suis une dévoreuse de livres, je ne lis pas 500 romans par an… et encore moins sur deux mois !

Mais, dans ce cas, comment être mis en avant ?

Faites vos jeux… et vos choix

Pour cette fameuse rentrée littéraire, les éditeurs aiment mettre en avant des titres qui sont susceptibles d’être nominés pour des prix, voire d’en remporter. Goncourt, Renaudot, Fémina… Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, n’est-ce pas ?

Certains auteurs sont aussi invariablement attendus en septembre, comme Amélie Nothomb, toujours ponctuelle.

Mais pour les autres, est-ce vraiment une si bonne affaire que cela de paraître à cette période de l’année ? Quelle chance a réellement un titre d’arriver jusque dans les mains des lecteurs (et de devenir un best-seller, par exemple ?).

le jeu de la rentrée littéraire

Ce n’est pas qu’une histoire de hasard, même s’il entre aussi en ligne de compte. Les libraires sont très fiers de pouvoir dire, à propos d’un auteur « celui-là, c’est moi qui l’ai découvert en premier », et de participer à son succès. La qualité du titre, le bouche-à-oreille, la présence au bon moment… Tout cela a son importance.

Parce qu’il faut bien reconnaître que les éditeurs, particulièrement les plus gros, n’ont pas les moyens humains ni financiers de défendre tous leurs titres avec la même vigueur.

D’un point de vue personnel, je trouve tellement dommage de publier un ouvrage pour ne pas lui donner ensuite toutes ses chances. J’entendais dire récemment que le nombre de ventes moyen d’un roman, en France, tous auteurs confondus, était de 350 exemplaires. Ce qui signifie que, dans de nombreux cas, les éditeurs ne gagnent même pas d’argent en les publiant ! Alors, certes, on peut toujours imaginer qu’ils continuent par amour des textes, mais dans ce cas-là, encore une fois, pourquoi ne pas aller au bout de la démarche au lieu de les laisser dépérir de leur petite mort ?

La rentrée littéraire, une bonne affaire ?

Ce que j’en retiens, personnellement, c’est que voir son titre inscrit au catalogue d’un éditeur en septembre est loin d’être une garantie de réussite pour la survie du livre.

Mais peut-être que vous avez une autre opinion sur la question, ou un éclairage différent à m’apporter. Je suis curieuse de toutes les expériences que vous auriez à me communiquer sur le sujet…

 

 

À partir de quand peut-on dire qu’un livre a du succès ?

À partir de quand peut-on dire qu’un livre a du succès ?

Le succès… Voilà bien un terme vague qui représente tout un tas de rêves et de fantasmes pour bon nombre de personnes. Quels sont les signes du succès, à partir de quand peut-on dire que l’on en a et faut-il toujours en avoir plus ? Autant de questions que de nombreux artistes se posent (de ce point de vue là, les auteurs n’ont rien à envier aux célébrités qui sont placardées dans les entrées des cinémas).

Je me suis penchée sur cette question. Du point de vue littéraire uniquement (même si, là encore, le terme littéraire est à prendre au sens large… Disons du point de vue de l’écrit).

de quoi dépend le succès d'un livre

Un best-seller, c’est un tirage de combien d’exemplaires ?

J’avoue, sans aucune honte, que je suis la première à dire « le jour où j’écrirai un best-seller, je… » (me payerai une femme de ménage, terminerai d’aménager mon jardin, partirai plus souvent en voyage… Merci de ne rayer aucune de ces mentions, toutes aussi utiles les unes que les autres).

Je prononce cette phrase avec beaucoup d’autodérision, mais il n’empêche que j’ai un tout petit peu envie d’y croire quand même. Je ne vais pas vous mentir : si je pouvais vivre de l’écriture (ce que représente pour moi un best-seller), je serais ravie. Et c’est certainement le cas pour la plupart des auteurs.

Mais c’est quoi un best-seller ?

Si l’on s’en tient au chiffre des ventes, les palmarès sont impressionnants : en 2016, l’auteur le plus vendu en France a vu partir 1 833 300 exemplaires de ses œuvres. Ce qui est plutôt pas mal, du moins en résultats financiers (je ne parlerai pas ici de la valeur ou non des ouvrages qui se vendent bien. Il est depuis longtemps établi que cela n’a qu’un impact relatif sur les ventes).

Vous savez pourtant ce qui rend ce nombre encore plus époustouflant ? C’est que l’on commence à parler de best-seller dès qu’un titre dépasse quelques milliers de ventes (5 000 en moyenne). Ce chiffre dépend bien sûr du genre de l’ouvrage, certains se vendant mieux que d’autres.

Néanmoins, si vous entendez dire qu’un roman a dû être réédité parce que le premier tirage s’est révélé insuffisant, c’est plutôt bon signe pour l’auteur…

Et le tirage moyen, il est de combien ?

Le tirage moyen dépend évidemment des moyens des maisons d’édition. Certaines peuvent se permettre d’investir plus en masse. Il varie aussi selon la notoriété de l’auteur ou la confiance qu’a l’éditeur en sa réussite.

Une chose est sûre : ce tirage ne cesse de diminuer d’année en année, alors même que le nombre de titres produit augmente.

Mais passons aux chiffres : en 2015, selon les sources, le tirage moyen se situe entre 5 000 et 7 500 exemplaires.

On pourrait donc en déduire que tout best-seller est un titre qui nécessite une réédition tellement le public s’est précipité dessus (et là, je ne peux m’empêcher d’imaginer une horde de personnes se jetant sur les livres et donnant des coups de coude pour être les premiers à attraper leur « précieux »… Oui, je sais, je rêve).

200w_d.gif

Cependant, ce résultat ne concerne que l’édition dite « classique ». Dès qu’il s’agit d’impression à la demande ou d’édition numérique, il n’y a pas de tirage initial.

Voilà qui complique donc la recherche de ce qui fait un best-seller.

Un best-seller en auto-édition, c’est possible ?

Voyons un petit peu ce qu’il en est. Aujourd’hui, les maisons d’édition traditionnelles scrutent les ventes des auteurs indés. Pourquoi ? Pour leur racheter illico presto leurs droits dès qu’un titre semble attirer les faveurs du public. Certains considèrent qu’ils cèdent à la facilité, en oubliant leur devoir de « découvreur de talent », d’autres ajoutent que le succès n’est pas lié à la qualité… Peu importe, nous n’allons pas nous mentir : l’édition, c’est aussi du commerce. Et si cela fonctionne, après tout, pourquoi les éditeurs devraient-ils se priver de cette manne ? Comme le rappelait récemment un éditeur lors d’une conférence : la réussite de certains gros titres leur permet de financer aussi des ouvrages d’auteurs inconnus, plus risqués, qu’ils ont également à cœur de défendre. Vu comme ça, c’est déjà plus intéressant n’est-ce pas ?

Mais comment étudier les chiffres de vente d’un autoédité ? À partir de quand considère-t-on qu’il a réussi son pari ? Quand il rentre dans le top 100 d’Amazon ? Dans le top 10 ? Quand il y reste un temps suffisamment long ?

Avouez que ce n’est pas toujours facile à déterminer… D’après plusieurs études, les stars de l’auto-édition dépassent les 10 000 exemplaires, principalement en format numérique, moins cher que le format papier. C’est à ce stade qu’ils sont contactés par des éditeurs. Ils font d’ailleurs un pari : personne ne peut garantir que les ventes sont réussies. Ce n’est pas le même acte de dépenser 2,99 € ou d’en donner 16 € pour un livre papier. Cependant, le marketing se basant sur des phrases telles que « ce livre est déjà un succès » semble toujours efficace de nos jours.

Le succès se mesure-t-il uniquement en chiffres ?

Si je m’arrête quelques instants sur ces considérations, je suis surtout étonnée de voir l’importance des chiffres dans un univers aussi littéraire. Il n’y aurait donc que cela qui compte ? Et le succès d’estime, les marchés de niche, l’idée de ne pas vendre beaucoup, mais aux personnes à qui le livre va vraiment plaire ?

le succès n'est pas une question d'argent

Ah oui, mon banquier intervient pour me dire que c’est bien joli tout ça, mais que ce n’est pas avec trois commentaires élogieux que je vais payer mon loyer…

Certes, certes (cela dit, si vous voulez commenter mes livres sur Amazon, il paraît que c’est bon pour votre karma… et pour m’aider à me faire connaître).

Néanmoins, je vous avouerais que quand quelqu’un me dit « j’ai adoré ton roman », cela fait naître beaucoup plus de papillons dans mon ventre que quand je vois que j’ai réalisé une vente de plus.

Et si, finalement, le succès dépendait essentiellement des repères que l’on se fixe soi-même ? Quand on commence comme auteur, vendre cinquante romans c’est déjà énorme ! Cela représente tellement de lecteurs qui vont découvrir notre univers et qui ne l’auraient jamais connu si le livre était resté enfermé dans le tiroir de notre imagination.

Parce que ce que j’aime moi, c’est créer tout un monde, pas le vendre. Et ce petit endroit spécial, inclus dans les pages de mes livres, je considère déjà qu’il a du succès si quelques personnes ont envie de s’y promener avec moi.

Pour moi, le succès, ce n’est pas se mesurer aux autres pour savoir qui a le plus gros chiffre de ventes. Je n’apprécie pas plus un livre parce que des milliers de personnes l’ont aimé avant moi. Le succès, c’est plaire à quelqu’un que je ne connais pas et qui me découvre. D’un point de vue humain, cela me suffit.

le succès depend ce qu'on met dedans

Oui, je voudrais vendre suffisamment pour pouvoir passer ma vie à écrire. Mais je n’écris pas pour gagner de l’argent. La nuance est là. Et j’espère qu’elle sera toujours présente en moi !

Mais je suis curieuse… Pour vous, c’est quoi le succès ?