Les bêta-lecteurs ne sont pas des bêtas

Si comme moi vous avez appris le grec ancien à l’école, vous vous rappelez que bêta est la deuxième lettre de l’alphabet dans cette langue (et alpha la première, pour ceux qui ne suivent pas). Cependant, un bêta-lecteur, c’est une personne qui connaît un petit peu plus que son alphabet en principe. Si vous ne connaissiez pas encore cette catégorie un peu particulière de lecteurs (non, ce ne sont pas personnes qui lisent uniquement des livres idiots), cet article pourrait bien vous convaincre de commencer une nouvelle collection d’amis.

Pourquoi vous allez détester votre bêta-lecteur ?

pourquoi vous allez détester votre bêta lecteur
Le bêta-lecteur, c’est LA personne qui va lire votre texte (allons, voyons un peu les choses en grand : votre roman) et qui vous dira ce qu’il en pense. C’est en principe la personne qui pointera du doigt que votre héros porte un pull rouge au début d’une scène et qu’il est devenu bleu une page plus loin. C’est aussi celui qui vous demandera pourquoi votre personnage principal a peur des chiens et à quoi sert cette information dans le livre puisqu’il ne croise jamais aucun animal. C’est également celui qui sera au regret de vous informer que votre intrigue tombe à plat au troisième chapitre ou que votre méchant en titre est complètement ridicule.
Soyons honnête avec nous-même : il y a toujours un moment où l’on déteste son bêta-lecteur. Franchement, qui a envie d’entendre toutes ces remarques négatives et de voir le moindre défaut de son œuvre surligné et mis en exergue ?
Si vous avez répondu « moi », c’est bien, vous êtes sur la bonne voie.

Ce que le bêta-lecteur n’abat pas nous rend plus fort

L’honnêteté, c’est une qualité importante. Et c’est justement celle que vous demandez à votre bêta-lecteur. Vous apprécierez certes d’avoir des amis qui encensent le moindre de vos écrits, qui se prosternent à vos pieds pour vous demander des dédicaces et qui estiment que vous êtes le meilleur auteur qui n’ait jamais existé sur Terre (quoi ? Vous n’avez pas ce genre de personnes dans vos relations ? Ah bon… Attendez un peu, si vous suivez les conseils de votre bêta-lecteur, cela pourrait arriver). Car, en reprenant toutes les petites incohérences de votre texte, votre bêta-lecteur vous aide également à l’améliorer. D’ailleurs, s’il n’est pas totalement sadique, il vous indiquera aussi les aspects positifs de ce que vous avez écrit… et peut-être même ses passages préférés (ouf ! Je suis sûre que vous commencez à vous sentir mieux).
Le rôle d’un bêta-lecteur, c’est de vous aider à améliorer encore votre texte. Pour que plus personne ne trouve rien à lui reprocher. Et il vaut certainement mieux qu’une personne vous critique que de recevoir de nombreux messages incendiaires sur ce même sujet.

Pourquoi les bêta-lecteurs vont toujours au pluriel

Depuis le début de cet article, on parle de bêta-lecteur au singulier. Dans l’idéal, pourtant, il faudrait en avoir plusieurs. Parce que toutes les personnes ne vont pas être attentives aux mêmes détails. Certains vont se concentrer sur les caractères des personnages, d’autres sur l’enchaînement des actions, d’autres sur les décors… La multiplicité des points de vue vous assure que votre œuvre est bien passée au crible.
Et que, si vous pouvez ignorer ce qu’un bêta-lecteur vous dit (oui, vous avez le pouvoir sur vos bêta-lecteurs), cela devient considérablement plus gênant si la même remarque est formulée à plusieurs reprises.
Cependant, limitez le nombre de bêta-lecteurs : plus le nombre d’avis est important, plus ils risquent de ne plus être constructif pour vous et de vous perdre. Dans l’idéal, vous restez quand même celui qui sait où il veut amener son histoire, et vous vous êtes déjà relu. L’avantage des bêta-lecteurs, c’est qu’ils ont le recul que vous n’avez plus. Mais trop de bêta-lecteurs vous éloigneront toujours plus de votre premier sentiment.

Ne soyez pas trop proche de vos bêta-lecteurs

Pour qu’un bêta-lecteur puisse réellement se montrer impartial, il est préférable qu’il ne soit pas trop proche de vous. Il aura ainsi moins de scrupule à lister ses critiques et son analyse de votre roman pourra être réellement constructive. Vous aurez également moins de mal à l’ignorer si ses remarques sont inutilement agressives et ont pour principal et unique effet de vous démoraliser. Certaines personnes mal-intentionnées ont malheureusement parfois tendance à abuser du pouvoir que confère la bêta-lecture.
Comme il n’est pas toujours facile de se constituer un réseau de bêta-lecteurs compétents, sachez que vous pouvez en trouver sur des forums d’auteurs ou laisser des annonces sur votre site et les réseaux sociaux. C’est également un très bon moyen d’élargir le cercle de vos connaissances et de profiter des conseils d’autres personnes qui, comme vous, sont des auteurs dans l’âme.

petite annonce pour chercher un bêta lecteur

Se préparer pour une conférence

Je donne régulièrement des conseils sur l’écriture sur cette page. Mais comme il m’est arrivé d’être sollicité pour présenter une conférence (je vous en avais déjà parlé), je me suis dit que vous seriez sans doute bien heureux de savoir comment vous préparer si vous deviez participer à ce genre d’événement. Voyons donc ce que mon expérience m’a appris.

Prendre confiance en vous

Si on vous a demandé de prendre la parole pour une conférence, c’est que certaines personnes estiment que vous êtes expert sur le sujet. Peu importe que vous n’en soyez pas persuadé vous-même. Croyez-moi : je souffre du syndrome de l’imposteur, j’ai toujours l’impression que quelqu’un va venir me pointer du doigt en me demandant pour qui j’ose me faire passer. Après avoir eu mon permis de conduire, j’ai craint pendant des années que l’on ne vienne me le retirer en me disant qu’il s’agissait d’une regrettable erreur. Vous voyez maintenant à quel point je peux douter de moi !
Peu importe pourtant la piètre opinion que vous avez de vous-même : d’autres croient en vous, et c’est le plus important.
Évidemment, il faudra mériter cette confiance. Et c’est là que nous passons à l’étape 2.

Vous préparer

Hop, le regonflage d’opinion est terminé, c’est bien. Mais qu’est-ce que vous allez bien pouvoir raconter à cette conférence ? Vous avez un sujet, donc il faut vous documenter sur celui-ci. En théorie, vous avez quand même déjà quelques notions sur lui, sinon personne n’aurait fait appel à vous. Mais il serait peut-être pertinent de repréciser ce que vous voulez réellement en dire.
Pour ma conférence, j’ai commencé par lister les différents points que je souhaitais aborder. Un petit brain storming sur le papier, pour vérifier quels éléments m’évoquaient le sujet de la conférence (elle portait sur la littérature fantastique à destination de la jeunesse, pour les petits curieux). J’avais donc une liste d’idées, il me restait à les organiser, à les articuler entre eux et à commencer à rédiger mon texte. Oui, j’ai absolument tout écrit sur le papier. Certains experts peuvent sans doute se contenter de quelques notes jetées à la volée pour parler pendant une heure en public, ce n’est pas encore tout à fait mon cas.

Vous n’êtes pas seul

Même Brel le disait : « non, Jeff, t’es pas tout seul ». Et vous ne l’êtes pas non plus pour votre conférence. Appuyez-vous sur les travaux d’autres personnes pour étayer vos propos. Attention, je ne vous dis pas de les plagier honteusement : chaque référence doit être citée et attribuée à son auteur. Mais en vous entourant, même virtuellement, de leurs réflexions, vous étayerez vos dires et votre présentation sera encore plus complète. Savoir se documenter, c’est tout un art. Mais c’est aussi un plaisir. Vous pourriez découvrir d’autres pistes, creuser des éléments qui vous intéressent. En préparant une conférence, on s’instruit soi-même.
Tweet: En préparant une conférence, on s'instruit soi-même. http://ctt.ec/xcf8_+Tweet: En préparant une conférence, on s’instruit soi-même. http://ctt.ec/xcf8_+

Sur le papier

Comme je le disais, j’ai écrit tout le texte de ma conférence. L’avantage, outre de m’assurer que mon propos était bien construit, c’est que cela me donnait aussi une limite de temps. J’ai calculé qu’une page de texte avec une police de caractère classique, police 12, correspondait à environ 3,5 minutes de parole. Je vous laisse calculer combien de pages j’ai dû écrire pour une heure de conférence…

Et dans la tête

Il va de soi que vous n’allez pas garder le nez collé à votre papier devant votre public. Surlignez ou passez en gras quelques mots plus importants, qui vous serviront de repères au moment de prendre la parole. Lisez et relisez votre texte histoire de l’avoir bien en tête le moment venu, et de vous rappeler dans quelle direction vous voulez aller. Et puis lancez-vous. Peu importe si vous ne lisez pas tout ce que vous avez écrit. Peu importe si vous oubliez quelques exemples. Ce qui importe, c’est que vous soyez là, à ce moment-là, pour partager un peu de ce que vous avez appris avec ceux qui vous écoutent. Alors, regardez-les et parlez-leur.

 

Un peu d’accessoires

Personnellement, j’aime bien m’appuyer sur une présentation à vidéo-projeter pendant que je parle. Cette pratique retient l’attention et vous permet d’appuyer sur les points les plus importants, tout en dynamisant un peu vos propos. Attention cependant à ne pas afficher des diaporamas contenant trop de textes, sinon votre public les lira au lieu de vous écouter.
Variez le ton, ménagez le suspense en créant des micro-pauses au moment de parler, posez des questions, même rhétoriques, avant de leur donner une réponse… Votre exposé en sera d’autant plus vivant.

Faites face aux imprévus

Tout peut arriver pour une conférence. Pour la mienne, une vidéo que j’avais prévue n’a jamais pu être diffusée, et on m’a demandé, juste avant que je ne passe, de raccourcir ma présentation car il y avait du retard sur le programme. J’ai présenté une conférence d’une demi-heure alors que j’avais prévu de parler une heure. C’était un peu frustrant, mais ça m’a obligé à rester concentrée et les organisateurs ont été satisfaits de mon adaptabilité. Si vous connaissez votre sujet, vous êtes capable de le résumer. Et les gens préféreront toujours une personne qui sait synthétiser à une autre qui s’étale en longueur parce qu’elle ressasse ses propos sans savoir s’arrêter de parler.

Une histoire courte

Je vous avais parlé récemment des Drabbles, ce petit exercice d’écriture qui impose de rédiger une histoire en quelques lignes à peine. Pour y parvenir, il faut savoir être condensé, précis dans ce qu’on veut transmettre. Il faut aussi être capable de couper drastiquement dans son texte afin de n’en garder que l’essentiel.
Je sais à quel point cette particularité peut être compliquée pour les auteurs débutants. Vous avez envie d’écrire, de remplir des pages et des pages. Votre plume bave sur le papier et vous vous prenez pour des Balzac ou des Proust des temps modernes, qui ne savent plus quand il est temps de s’arrêter d’écrire.
Or, parfois, enlever des éléments superflus dans son texte permet de le rendre plus pertinent, plus recentré, et de captiver encore plus l’attention du lecteur.

 Donc, ne vous laissez pas emporter par le flot de votre écriture. Pour le premier jet, oui. Pas pour la suite. Vous entraîner à composer régulièrement des textes courts, avec des critères très stricts, comme ceux des Drabbles, vous apprendra à vous concentrer sur ce qui importe réellement dans vos textes.

Le prix pépin de l’écriture courte

Les drabbles sont des exercices très personnels, même si des concours sont régulièrement organisés entre participants de cette méthode (essentiellement dans le monde anglophone… il y a peut-être quelque chose à faire de ce côté-là ici aussi ?).
En France, encore plus court que les Drabbles, il existe le prix Pépin. Il est trop tard pour participer à celui de cette année, mais vous avez un peu de temps pour vous entraîner.
Le prix Pépin, c’est quoi ? Un texte de science-fiction (oui, avec des extraterrestres et des vaisseaux spatiaux dedans, si vous les aimez) qui doit comporter moins de 300 signes, espaces compris. Oui, oui, vous avez bien lu ! Inutile de vous dire que c’est un exercice particulièrement difficile. Je m’y suis frottée cette année, et voilà les textes que j’ai proposés :
P { margin-bottom: 0.21cm; }

Journal télé

Il ouvrit la porte. Elle donnait maintenant sur le vide. Seule sa maison reposait encore sur une surface solide, son jardin avait disparu. Il n’avait plus qu’une solution : rentrer et regarder la suite des informations. Peut-être donneraient-ils d’autres indications sur les événements.


Au restaurant

Le menu était appétissant mais il ne contenait pas assez de protéines à son goût. Tom tendit la main vers son sac et y prit le lot d’humains en sachets qu’il avait acheté un peu plus tôt. Heureusement que le restaurateur acceptait que ses clients apportent de la nourriture extérieure.
Aucun de mes textes n’a été validé, mais que cela ne vous empêche pas de vous faire une idée plus précise du processus en lisant ceux des autres participants. Surtout que vous avez jusqu’à la fin du mois de mai pour voter pour vos préférés. Vous trouverez toutes les infos sur la page Facebook du prix Pépin 2016

Maintenant, c’est à votre tour de vous entraîner. Je serais curieuse de voir ce que vous avez à proposer…

De l’usage du drabble

Je vous avais promis de vous parler du drabble il y a quelque temps déjà. Il était donc urgent de m’y mettre, car je sais que vous trépigniez d’impatience derrière vos écrans, prêts à me lancer des soucoupes entières pleines de thé refroidi pour fustiger mon retard.
Voici donc une petite technique qui peut aider à débloquer l’écriture, ou juste à s’échauffer la plume (ou le clavier, bien entendu).
Un drabble, c’est une courte fiction de seulement 100 mots. Elle doit raconter une histoire, avec un début, un milieu et une fin, en 100 mots exactement. (et c’est sans doute le moment où vous apprécierez les traitements de texte et leur comptage automatique de mots).
Cent mots, cela peut s’écrire extrêmement rapidement. L’aspect difficile, en réalité, c’est de contenir une histoire dans cet intervalle. L’exercice du drabble n’est d’ailleurs pas tout à fait identique selon la langue dans laquelle vous le pratiquez. Il paraît que c’est en cherokee qu’il est le plus facile de raconter une histoire avec peu de mots, mais je ne vous conseille pas pour autant d’apprendre immédiatement cette langue avant de vous mettre à écrire.
Les drabbles ne sont pas encore extrêmement connus dans le monde littéraire francophone, ils sont beaucoup plus développés outre-atlantique, où vous pourriez participer à des concours de drabbles, ou trouver des « prompts » (mots-clés, émotions, idées d’écriture… au choix) pour vous lancer.

L’avantage du drabble, c’est qu’il permet de se recentrer aussi sur son écriture, et de fournir un moment-clé par rapport à une émotion de vos personnages. Et aussi, je le répète, qu’il peut s’écrire très rapidement.
Juste pour le plaisir de l’écriture, voilà un petit drabble qui concerne un événement lié au personnage principal du roman que j’écris actuellement. Pour laisser le hasard en place (c’est là aussi le plaisir du drabble), j’ai pioché au hasard le mot « milk shake ». Voyons ce que cela donne.

Je savais que je perdais mon temps en m’attardant dans ce rayon. C’étaient les desserts qui me faisaient du mal. Personne dans le village n’aurait pu monopoliser les ingrédients nécessaires à leur préparation, à part le maire, peut-être. Je me demandais pourquoi ce livre n’avait pas encore été ôté de la bibliothèque. Je le craignais, alors je n’osais pas poser de questions sur les mets que je ne comprenais pas, comme sur cette boisson rosée qui se présentait dans un verre. J’aurais voulu savoir lire pour connaître le nom de ce dessert à boire. Sa vision me remuait complètement.

Comme vous le voyez, c’est extrêmement court. Un drabble de ce style donne plus l’impression de regarder par le trou de la serrure pour avoir une vision d’un court moment de la vie de son personnage. J’aime bien pourtant, pas vous ?

Conférence

Bonjour à tous,

je sais que je vous avais promis de vous parler des Drabbles… Ne vous en faites pas, je ne vous oublie pas. Ces derniers jours, j’ai cependant été occupée à la préparation d’un événement assez important pour moi.

Ce 11 avril, je vais participer à une conférence sur la littérature fantastique dans une université espagnole. J’y ai été conviée en tant qu’auteur, et je parlerai plus particulièrement d’un sujet qui me tient à cœur, la littérature fantastique à destination de la jeunesse.

Je suis très très heureuse de participer à cet événement, qui a, comme vous vous en doutez, occupé mes pensées pendant un moment.
Evidemment, je suis un peu stressée aussi et j’espère apporter une contribution de qualité à cette occasion. Je parle d’un sujet que j’aime, qui m’intéresse depuis longtemps, et je n’ai pas souvent l’occasion de le faire de manière professionnelle. Peut-être que je vais y prendre goût ? Qui sait…

L’enfance de l’art

J’ai commencé très tôt à vouloir écrire. J’étais encore à l’école primaire que j’annonçais autour de moi que je serais écrivain plus tard. J’avais même pour ambition d’être l’une des plus jeunes auteurs publiées et j’avais du pain sur la planche : la parution du roman Des cornichons au chocolat que je croyais alors sincèrement écrit par une adolescente de 13 ans ne me laissait que quelques miettes d’années pour faire mes preuves. Si j’avais su alors que Philippe Labro en était l’auteur, je me serais sans doute moins mis de pression !

Les années ont passé et j’ai maintenant dépassé le statut de « jeune » auteur… Je vois cependant ce schéma se répéter avec ma propre fille qui, du haut de ses 9 ans, commence à rédiger de petits contes. D’un point de vue scénaristique, je dois reconnaître qu’ils sont plutôt bien construits, avec des introductions, des conclusions et même des retournements de situation. On se demande de qui elle peut bien tenir son imagination…

Heureusement, pour elle, comme pour moi quand j’étais jeune, il existe de nombreuses manières de rencontrer des lecteurs. Il n’existe pas d’âge pour écrire et, même si je reste persuadée que l’écriture demande du travail, pour s’affiner, s’affirmer, prendre force et forme, avoir envie d’écrire et du goût pour inventer sont la base de nombreuses histoires réussies.

La recette qui fera fondre une majorité de lecteur combine ainsi une histoire qui tient au corps et un style qui la relève avec brio. L’un ne vont pas sans l’autre.
Un texte bien écrit mais qui ne « raconte » rien ne comblera la faim de lecture de personne, pas plus qu’une  histoire sans saveur.

L’un comme l’autre peuvent s’acquérir, sans doute, mais je pense quand même qu’il est plus cohérent de vouloir devenir auteur si l’on possède, presque naturellement, au moins l’un des deux.
J’ai bien entendu, comme vous, que le génie c’est 1% d’inspiration contre 99 % de transpiration. Mais ce premier pourcent, encore faut-il l’avoir !
Pour le reste, il existe des livres, des ateliers d’écriture, des work-shops, des bêta-lecteurs… Tout ce qui pourra vous aider à vous améliorer.

Pour ceux qui ne les connaissent pas, la prochaine fois, pour vous entraîner à l’écriture, je vous parlerai de drabbles.

Taggée !

Voilà ce qui arrive quand on se propose pour faire des beta-lectures. On est sollicités pour répondre à des séries de questions un peu étranges…
C’est Aphone qui m’a demandé de me pencher sur ces surprenantes interrogations, directement issues de sa cervelle d’auteur (ah, ces écrivains, comme s’ils n’avaient pas plutôt besoin de travailler sur leurs textes !). Enfin, comme je ne voudrais surtout pas qu’il se sente vexé, je vais tenter de satisfaire sa curiosité (et peut-être la vôtre aussi).

S’il y avait une maison d’édition à choisir, ce serait laquelle et pourquoi ?

  C’est difficile de ne choisir qu’une seule maison d’édition, j’aime bien l’éclectisme en fait. Et la richesse culturelle, pour moi, dépend justement de tous les choix éditoriaux qui nous entourent.
Je crois que, par conséquent, j’opterais pour Bragelonne, qui s’est diversifiée de manière assez réussie ces dernières années et dont j’apprécie généralement les choix éditoriaux comme leur communication. Et puis je devrais toujours trouver des livres à mon goût chez eux !

Place une feuille blanche devant tes yeux, qu’est-ce que tu vois ?

 Plein d’espace à remplir. J’ai le droit d’avoir un stylo fourni avec ? Je n’ai jamais (ou presque pas) ressenti cette fameuse angoisse de la page blanche. Je suis d’ailleurs excellente pour débuter. Et puis je rature, j’écris tout serré, de travers, avec plein d’abréviations. Cela devient vite illisible pour quelqu’un d’autre que moi. Mais j’aime ce potentiel de page à remplir. Puis, de toute manière, il paraît que la nature n’aime pas le vide, et je suis une personne très naturelle.

Lequel de tes défauts pourrait devenir une qualité, comment ?

 Ma tendance à procrastiner ? Parce que je mets parfois du temps à démarrer, en me disant que j’ai plein d’autres choses passionnantes à faire (internet est un piège redoutable, fuyez !), mais, par contre, quand je commence réellement, je suis très efficace et très rapide, donc en réalité, je gagne du temps en le perdant (si, si, je vous le jure).

S’il y avait un roman auquel tu devais changer la fin, ce serait lequel ?

 Là, tout de suite, je n’ai pas d’idée. Et puis, qui suis-je, moi, pour décider qu’un auteur se serait « trompé » de fin ? Le plus dur, parfois, c’est quand on a suivi une saga pendant plusieurs années, et qu’elle s’arrête. Dans ces cas-là, le changement que j’apporterais, c’est qu’il n’y ait pas de fin (je sais que c’est impossible, mais il paraît que ce mot n’est pas français, alors !)

La dernière musique que tu aies écoutée en écrivant ?

 Je ne peux plus écouter de CD dans mon bureau, mon matériel étant défectueux, hélas. Alors j’opte pour de la musique en ligne et la dernière que j’ai eu envie d’écouter en boucle c’était celle composée pour le film Amélie Poulain (que j’ai d’ailleurs reregardé dans la foulée). Comme je l’ai déjà dit, la musique influence fortement mon écriture, alors ce n’est pas toujours facile de choisir de manière efficace.

Demain, on t’apprend que tu ne peux plus écrire. Quel est le premier mot qui sort de ta bouche ?

Je peux encore lire ? Et vous pouvez me passer un dictaphone ? Sinon, je demanderais sans doute une euthanasie assistée (faut pas pousser non plus, c’est un cas de crise vitale dont on parle)

Choisis deux couleurs. Mélange-les. Tu en penses quoi ?

Bleu et jaune, ça fait du vert ! (oui, je suis très calée en couleur, vous avez remarqué ?). Non, plus sérieusement, le bleu, c’est ma couleur préférée, celle du ciel, de la mer, des espaces à l’horizon. Le jaune, c’est le soleil qui me réchauffe quand j’en ai besoin. Et le vert, c’est la verdure, les champs et les forêts dont j’ai besoin pour respirer.

Imagine que l’homme n’est pas inventé le feu. Où en serions-nous ?

 D’abord, on aurait très très froid et pour une grande frileuse comme moi, ce serait difficile. Ensuite, on en serait réduit à manger de la viande crue, ce qui peut être lassant à force. Après, on aurait peut-être un esprit communautaire plus développé, parce qu’on vivrait les uns avec les autres pour se tenir chaud et pour s’aider à survivre. La vie serait certainement plus difficile au quotidien, plus brutale aussi, avec un fort taux de mortalité. Je crois que je pourrais raconter une longue histoire là-dessus, mais elle risquerait trop de ressembler à un livre historique.

Quelle est la dernière série que tu aies regardée ? Tu en as pensé quoi ?

Alors, la toute dernière, c’était hier soir (je suis une grande amatrice de séries télé). Ce n’était pas une série en entier mais juste quelques épisodes de Marvel : Les agents du Shield. Il s’agissait d’épisodes de la deuxième saison, qui part dans une direction totalement différente de la première et je trouve ça bien d’avoir su se renouveler. Après, j’ai un peu l’impression que l’histoire tombe dans un mysticisme extraterrestre que je ne suis pas certaine d’apprécier et certains personnages sont très effacés, en retrait, cette saison, ce qui est dommage (la force d’une série repose souvent sur ses personnages pour moi).

Tu te réveilles enfermée dans un tombe, six pieds sous terre. Quelle est ta première réflexion ?

 Où est la lumière ? Ensuite, je me mettrais à tâter partout pour trouver la sortie, et puis à me dire que si le personnage de Kill Bill et des vampires arrivent à sortir d’une tombe, je ne perds rien à essayer. (cela dit, comme j’ai toujours affirmé que je voudrais être incinérée après ma mort, ce genre de mésaventure ne devrait pas m’arriver. Je risque juste d’avoir très chaud à un moment donné…)

Quelle est ta plus grande peur ?

 Honnêtement, de devenir aveugle. Je n’arrive pas à m’imaginer survivre privée de ce sens essentiel pour moi. Après, j’ai le vertige, je ne suis pas fan des guêpes et des abeilles, je n’aime pas trop être enfermée dans des pièces sans issue… Mais cela reste assez classique et on ne peut pas vraiment parler de phobie non plus.