Le Ray’s Day, c’est bientôt !

Le Ray’s Day, c’est bientôt !

Le Ray’s Day, voilà un nom qui sonne bien anglophone, n’est-ce pas ? C’est normal, c’est une journée hommage à Ray Bradbury, qui était, comme chacun le sait, un écrivain américain.

Mais c’est surtout une journée que les amoureux de lecture comme vous devraient apprécier…

Pourquoi un Ray’s Day

Ray Bradbury était un auteur prolifique. C’était aussi et surtout un amoureux des livres. Il est décédé en 2012 mais il a eu le temps, avant de marquer l’histoire de la littérature (si vous n’avez jamais lu Fahrenheit 451, vous devez rattraper cette lacune).

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Le 22 août, c’était le jour de son anniversaire. Et certaines personnes ont décidé que c’était aussi une très bonne journée pour se souvenir combien il était agréable de partager ses lectures. C’est ainsi que le Ray’s Day est né.

Ce qui se passe le 22 août

Depuis, tous les 22 août, de nombreux auteurs partagent généreusement des titres. Ce peut être des lectures publiques, des nouvelles offertes gracieusement… La manière de faire partager les textes est laissée à la liberté de chacun. Et de nombreuses découvertes sont à l’honneur sur la page du site dédié. On y trouve de nombreux textes et même des suggestions, comme celle de donner vie à un personnage libre de droits (que je vous invite à découvrir. Jenny Everywhere semble prête à vivre de nombreuses aventures!).

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Ce qui se passera pour moi

Ce 22 août, j’ai décidé d’apporter aussi ma pierre à l’édifice. J’ai donc rédigé une petite nouvelle, entièrement inédite, juste pour cette occasion. Elle constitue en quelque sorte un Prequel à De biblioteca et vous permettra de jeter un petit coup d’œil sur cet univers bien particulier. C’est un peu l’occasion pour vous de lever un coin du rideau et de voir ce qu’il y a de l’autre côté.

Un prequel àDe Biblioteca

Le texte sera offert à tous les abonnés à ma newsletter (si vous n’en faites pas encore partie, c’est le moment de rattraper votre retard en vous inscrivant).

Après il vivra sa vie…

Pour savoir ce que les autres auteurs qui participent à l’événement vous proposent, ne manquez pas le #RaysDay sur les réseaux sociaux. De la lecture offerte, cela ne se refuse pas !

Pourquoi GRR Martin et moi ne sommes pas d’accord !

Pourquoi GRR Martin et moi ne sommes pas d’accord !

La différence entre les architectes et les jardiniers de l’écriture

Il y a des nuances qui semblent évidentes pour tous. Après tout, les métiers d’architectes et de jardiniers ne vous semblent pas tout à fait identiques, n’est-ce pas ? L’un trace les plans de futures maisons, l’autre aide les plantes à pousser et à s’épanouir… Pourtant, ces deux dénominations représentent aussi deux versions d’un autre métier, celui d’écrivain.

George RR Martin a dit « J’ai toujours clamé haut et fort qu’il existe deux sortes d’auteurs. En simplifiant, il y a les architectes et les jardiniers. Les architectes créent des plans avant même d’enfoncer le premier clou, ils conçoivent toute la maison : l’emplacement des tuyaux et le nombre de chambres, la hauteur du toit. Ils ont tout prévu, contrairement aux jardiniers, lesquels estiment qu’il suffit de creuser un trou et semer la graine pour voir ce qui arrive. »

Je ne suis pas d’accord avec lui !

architecte ou jardinier ecriture

Comment devenir un véritable architecte de l’écriture ?

Ecrire une histoire, que ce soit une nouvelle, un conte, un roman ou un scénario, c’est toujours avancer dans un univers un peu flou où tout reste à construire.

Certains le découvrent les yeux bandés, d’autres font appel à tous leurs sens pour s’en imprégner complètement, d’autres encore suivent simplement la lumière… Mais il y a aussi ceux qui se refusent à avancer à l’aveuglette.

Ils ont besoin de savoir précisément où ils vont, avec qui, et quels seront leurs obstacles sur la route. Ceux-là ont de fortes chances d’être des architectes.

Un architecte élabore son histoire à partir de plan. Avant de commencer à poser les premières phrases, il construit l’identité de ses personnages, les arcs narratifs, les moments de tension, les révélations… Il sait exactement où il veut emmener ses personnages, et comment il va les y conduire.

Comment construire le plan de son roman

Tous les plans ne se ressemblent pas. Certains seront très succincts : 10 hommes sont coincés sur une île déserte. Ils meurent les uns après les autres. En réalité, le meurtrier est l’un d’entre eux. (tout plan qui rappellerait une histoire déjà connue… le fait expressément)

Ce plan plus que réduit ne satisfera pourtant pas la plupart des architectes. Ils le considéreront, au mieux, comme des fondations.

Partir de ce plan pour l’élaborer avec un peu plus d’éléments constructifs, voilà la tâche à laquelle s’attellera volontiers tout architecte qui se respecte. À l’aide de cette trame, il déterminera les circonstances de chaque décès, les indices laissés sur place à chaque étape, les réactions de chacun des personnages… C’est un peu la fameuse méthode du flocon de neige : vous partez d’une phrase courte, que vous développez peu à peu jusqu’à ce qu’elle devienne véritablement une histoire.

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Une grille à double entrée peut être très utile pour construire ce type d’histoire : une colonne avec les différents événements, puis une par personnage, avec les interactions possibles entre les deux. La méthode des post-its pour faire évoluer l’ordre des actions n’est pas seulement artisanale : elle fournit la modularité nécessaire pour que le scénario n’apparaisse pas trop figé. Les tableaux Excel sont aussi très pratiques pour avancer quand on aime les plans bien structurés (Marieke, de Mécanismes d’histoire, propose le sien en téléchargement)

Ce que ne sera jamais un plan

Un plan ce peut être bien pratique pour planifier son action, pour rassurer ceux qui sont angoissés à l’idée de devoir écrire tout un roman et qui ont besoin de découper ce grand voyage en de nombreuses petites étapes.

Mais un plan n’est jamais :

  • figé : vous devez accepter que, parfois, les personnages n’en font qu’à leur tête. C’est d’ailleurs plutôt signe qu’ils refusent de faire ce que vous aviez prévu pour eux. Cela signifie qu’ils deviennent réellement vivants.
  • fermé : en cours d’écriture, vous continuez à vous nourrir de ce qui vous entoure. Et parfois, vous aurez envie d’insérer dans votre texte des événements ou des objets qui n’y étaient pas prévus. Parfois, ce sera maladroit. Parfois, ce sera une p… de bonne idée ! Alors tentez l’expérience.
  • une histoire : ce qui fait un roman, c’est tout autant l’écriture, que la personnalité des protagonistes, que les événements. Un plan à lui tout seul ne sera jamais suffisant. Considérez-le comme un résumé, voire comme une piste, mais jamais comme un produit fini.

Comment fonctionnent les jardiniers pour l’écriture d’un roman

Un jardinier, c’est par définition une personne qui a beaucoup de patience. Il en faut, pour planter une minuscule graine dans un petit tas de terre et pour espérer la voir se transformer un jour en superbe plante. Il faut aussi beaucoup d’observation, et une attention constante, pour l’arroser quand c’est nécessaire, la libérer des mauvaises herbes, lui apporter de l’engrais en temps voulu… (soit une vision des choses un peu moins restrictives que celle que semble professer l’auteur de Game of Thrones)

C’est un peu la même chose en écriture.

Un jardinier, c’est quelqu’un qui va regarder les prémices de ce qui pourrait être une histoire, et qui décide de lui consacrer son temps et son talent dans l’espoir que cela en deviendra vraiment une. Ce n’est pas toujours le cas, et il peut être parfois très frustrant d’avoir peiné pendant des heures sur ce qui ne sera qu’un brouillon de projet qui finira dans un tiroir.

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Mais, en contrepartie, le jardinier découvre l’univers qu’il décrit presque en même temps que ses lecteurs. Il est entièrement ouvert aux suggestions de ses personnages, il les regarde évoluer sous sa plume, il peut même être surpris de ce qui arrive dans ses pages. C’est presque une relation magique à l’histoire, beaucoup moins formatée que celle de l’architecte (qui prend aussi énormément de plaisir à construire son plan, il faut le reconnaître).

Les avantages des deux méthodes

Chaque méthode a ses défenseurs et ses détracteurs. Pour :

  • l’effet de surprise : le jardinier se laisse surprendre par son histoire, l’architecte décide où il surprendra son lecteur. Dans les deux cas, il s’agit d’être subtil : personne n’a envie de découvrir le dénouement avant la fin.
  • La logique : l’architecte sait très exactement où il va quand il commence à écrire. Si son plan est bien construit et détaillé, il ne devrait pas présenter de contresens ni laisser d’événement dans l’ombre. Cela peut parfois arriver aux jardiniers distraits.
  • Le processus d’écriture : un architecte peut très bien décider d’écrire le chapitre 6 avant le 2. Parce qu’il sait exactement de quelle manière ils s’organisent entre eux. Le jardinier, lui, rédige de manière plus linéaire. En plus, il doit parfois revenir en arrière pour modifier un élément qui ne cadre pas avec la suite des événements.
  • La planification : en sachant dès le départ combien il y aura de chapitres, voire le nombre de pages de chacun, il est beaucoup plus facile de prévoir à quel moment l’écriture du roman sera terminée. Le jardinier, lui, ne sait jamais à l’avance quelle longueur fera son roman (même si l’expérience peut lui en donner une meilleure idée).
  • Le syndrome de la page blanche : ce concept est quasiment banni du vocabulaire des architectes. Ils ne se retrouvent (presque) jamais bloqués sur une scène en se demandant quoi écrire après. Les jardiniers éprouvent parfois plus de difficultés à sortir leurs personnages de certaines situations.

Comment je me définis

Personnellement, j’assume totalement d’être une jardinière. N’en déplaise à GRR Martin (qui, je le suppose, avait prévu dès le départ que la majeure partie de ses personnages ne seraient plus présents à la fin de l’histoire). Tout simplement parce que les rares fois où je rédigeais totalement un plan à l’avance, je n’avais ensuite plus aucune envie d’écrire l’histoire. Elle existait déjà, j’avais l’impression qu’elle n’avait plus besoin de moi.

Pourtant, je trace toujours les grandes lignes de ce qui doit arriver dans l’histoire, quelques événements incontournables, des endroits où il faut passer. Je détaille aussi dans un petit carnet tout l’univers dans lequel se place l’histoire, même si tout n’est pas ensuite retranscrit dans le roman. Je crois d’ailleurs que la plupart des jardiniers ont au moins un petit bout d’architecte en eux !

Mais j’avoue que j’adore me laisser surprendre, découvrir l’histoire presque en même temps que vous (avec quelques indices en plus : je sais qui sont les traîtres, qui sont les véritables amis, quels sont les secrets de chacun… je ne détaille juste pas encore la manière dont ils seront dévoilés). C’est aussi l’une des raisons qui me motivent à prendre mon clavier chaque jour pour continuer à écrire le récit : moi aussi, je veux connaître la suite de l’histoire !

Et si vous voulez connaître mes prochaines histoires, inscrivez-vous à ma newsletter !

Trouver les noms de ses personnages, c’est trop fass ?*

Trouver les noms de ses personnages, c’est trop fass ?*

J’ai commencé à travailler sur un nouveau roman. Comme toujours, au début, il y a deux choses à trouver. Le titre de l’œuvre. Et les noms des héros.

Pour le titre, je fonctionne par nom de code, depuis quelque temps. Comme avec De Biblioteca. Je sais que ce ne sera pas le titre final, il sera déterminé à la fin de l’histoire, voire au moment de la phase éditoriale (même si c’est dur d’en changer quand on s’est habitué à l’appeler ainsi. Je pense que ça restera son petit surnom familial, juste en famille, entre vous et moi).

Pour les noms des personnages, je me suis rendu compte, après plusieurs échanges sur ma page Facebook, que cela pouvait prêter à débat… Je vais donc vous récapituler ici les discussions qui ont eu lieu, puis ma démarche… et j’élargirai ensuite à ce que VOUS, vous pouvez faire.

Trouver les noms de ses personnages, c'est trop facile ?

Vous pensez quoi de ce prénom ?

Pour certains, le nom des personnages vient avant l’écriture. Pour moi, le personnage se définit d’abord par son caractère, ses actes, puis son apparence et seulement après vient le prénom. Pour mon tout dernier roman (celui sur lequel je travaille actuellement), l’histoire s’imposait tellement à moi que j’ai donc commencé à rédiger en optant à nouveau pour la pratique des noms de code.

Sauf que, très vite, je me suis rendu compte que je bloquais. Les personnages ne parvenaient pas à s’exprimer entièrement, ils étaient comme comprimés dans un costume qui ne leur convenait pas. Ils avaient besoin que je les nomme réellement.

Et j’avoue que j’ai un peu tâtonné pour entendre leur véritable nom. J’ai même fait des sondages d’opinion sur ma page Facebook. Un prénom, en particulier, était plus souvent utilisé pour les garçons, mais c’était une fille, une de mes héroïnes, qui avait envie de le porter. Et une fois ce prénom sélectionné, impossible de lui faire entendre raison et d’en changer !

Je présente donc d’ores et déjà mes excuses aux quelques garçons qui liront un jour un roman dans lequel une fille porte le même prénom qu’eux !

Comment je choisis mes prénoms

Bon, vous aurez commencé à le comprendre, ce sont plus mes personnages qui choisissent leurs noms que moi. Tout comme parfois ils ne font pas ce que j’attends d’eux. C’est qu’ils ont leur caractère, vous savez !

Mais ces prénoms, je ne peux pas les deviner toute seule. Il faut que je les retrouve.

Par exemple, pour ce fameux nom mixte, je cherchais un prénom en rapport avec les pierres, mais qui fasse moins clinquant que Ruby ou Gemma. Dans mes recherches, le nom qui est ressorti avait un rapport avec l’ambre mais était beaucoup plus original. Sa sonorité était exactement celle que je voulais entendre. Le tour était joué. Et j’en vois déjà qui se demande « mais c’est quoi ce prénom ? ». Je vous annonce donc que je dévoilerai la liste des identités de mes nouveaux héros dans ma prochaine newsletter. C’est le moment de vous inscrire !)

Pour trouver mes prénoms, je fouille soit dans des livres de prénoms (celui utilisé lors de mes grossesses et un fascicule de prénoms celtiques ramené d’Écosse comptent parmi mes alliés les plus fidèles) ou je surfe sur internet, en allant d’un mot à l’autre.

Je vais être aussi attentive au son du prénom, qu’à son sens (un peu comme quand on cherche comment nos enfants vont s’appeler, en réalité). Il me faut aussi des noms qui s’adaptent aux circonstances : tous ne peuvent pas être courants. Ou être trop directement reliés à un autre personnage existant (« Chandler est une fille »)

Et puis, parfois, je teste un mot, et mes personnages font la grimace. Il ne correspond pas à l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. C’est une rude négociation, je peux vous le dire !

Comment vous pouvez choisir les prénoms

Soyons honnêtes : rentrer dans le cerveau d’un auteur, et savoir comment il fonctionne, c’est intéressant. Mais vous avez aussi envie de savoir comment VOUS, vous pouvez trouver les bons prénoms pour vos personnages.

Comment trouver le prénom de vos personnages ?

Suivez des règles de bons sens

Le prénom doit :

  • être cohérent avec l’époque et l’univers de votre texte : un jeune garçon du XVIIIe siècle, en France, ne pourra pas s’appeler avec un prénom américain moderne !
  • Intégrer le fait qu’il a été choisi par les parents du personnage : certes, il correspond à son caractère, mais aussi à ce que ses géniteurs ont voulu pour lui avant même sa naissance.
  • s’inscrire dans un ensemble : les noms donnés à tous les personnages de votre texte ne doivent pas trop se ressembler, sauf si c’est intentionnel (par exemple dans une société où il est interdit aux filles d’avoir un prénom qui ne se termine pas par « ie »). Pensez aussi que les lecteurs ne lisent pas toujours les mots en entier : le cerveau complète automatiquement. Et si les prénoms sont trop semblables (Laura et Lauren), la lecture en sera ralentie et moins agréable.
  • faire partie de l’intrigue : les réactions des personnes qui rencontrent le personnage pour la première fois peuvent faire avancer l’histoire, surtout si son nom est original même pour son cadre de vie.
  • Être facile à retenir comme à prononcer : xzytghfr sonne peut-être très bien pour un extra-terrestre. Ou un robot. Mais vos lecteurs auront peut-être plus envie de s’identifier à lui si vous lui trouvez rapidement un surnom !
  • Faire sens : connaître la signification d’un nom peut vous éclairer sur le personnage, ou sur les intentions de ses parents, ou sur la manière dont les autres le perçoivent… Cela a toujours un impact sur ses réactions.
  • Ne pas être trop connoté. Vous avez vu la pièce ou le film Le Prénom ? Si vous décidez d’appeler votre héros Adolf, soyez sûr de vous !

Utilisez liste et générateurs

Il y a de nombreuses listes existant sur internet : les sites parentaux sont généralement assez fournis. Vous pouvez aussi très facilement vous renseigner pour savoir quels étaient les prénoms les plus populaires en Espagne en 1920, par exemple.

Mais parfois, pour certains univers, il faut aller encore plus loin dans la quête. L’idéal, ce sont les générateurs de prénom qui vous permettent de croiser les données en indiquant vos critères (viking, masculin, composé…). La plupart sont en anglais, mais vous pourrez aisément dénicher quelques pistes sûres : Fantasy name generator, Character name generator ou Behind the name.

Inventez de nouveaux prénoms

Vous êtes auteur, vous avez le droit de tout créer ! Y compris des noms qui n’ont encore jamais existé. Il y a plusieurs techniques pour y arriver :

  • varier l’orthographe d’un nom existant : Mharq ne fait pas du tout le même effet que Marc. Et pourtant, à l’oreille, c’est le même mot.
  • Puiser dans la mythologie.
  • Faire des anagrammes : Thomas devient Shamot. Et cela fonctionne aussi avec des mots qui définissent le caractère de votre héros : Gourmande se transforme en Maude Norg. Et Tom Elvis Jedusort… je n’ai pas besoin de vous en dire plus, je pense ? (si vous bloquez, un petit générateur d’anagramme vous aidera)

Et voilà pour les noms de vos futurs héros !

*Mention spéciale à mes filles, qui m’ont soufflé le titre de cet article (et le livre dans lequel j’ai puisé leurs prénoms comme ceux de mes personnages !)

Une femme qui a des…

Une femme qui a des…

Écrire un roman qui présente un personnage féminin fort, ce ne devrait pas être une mission si compliquée à notre époque. C’est du moins ce que je pensais il y a encore peu de temps.

En travaillant sur mes derniers projets, dont Lettres du Kansas (qui vient d’être envoyé en bêta-lecture…), je me suis pourtant interrogée sur la représentativité féminine dans la littérature. Et laissez-moi vous dire qu’il y a encore du chemin à faire !

Créer des personnages féminins

Où sont les femmes ?

Vous croyez que les filles sont bien présentes dans les livres, les films que vous regardez, lisez, ou que vous partagez avec vos enfants ? Et bien, d’un simple point de vue mathématiques, ce n’est peut-être pas si simple. Je sais, il paraît que les filles ne sont pas douées pour le calcul, ça doit être pour cette raison que l’on ne s’est pas rendue compte plus tôt des données suivantes.

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Vous avez vu ces pourcentages ? Même dans les dessins animés où les personnages principaux sont des filles, ce sont encore les hommes qui tiennent le plus le crachoir ! (et après, on viendra nous dire que les femmes sont bavardes !)

Ces chiffres viennent d’une étude réalisée par deux chercheuses américaines. Elles s’y interrogent aussi sur la répartition des rôles (les hommes sont ceux qui ont le plus souvent le droit à la parole) ou sur l’importance donnée respectivement à l’apparence et aux capacités des héroïnes (heureusement, ce dernier point prend de plus en plus de place dans les dessins animés).

Mais cette étude évoque Disney et on est sur un site qui parle de littérature. Alors, qu’en est-il dans les livres ?

Cette vidéo montre comment on peut trier les livres d’une bibliothèque pour enfants… et le peu qui laissent véritablement place à des héroïnes féminines dignes de ce nom.

Une étude récente relayée par Le Guardian relève que, sur 5 000 livres étudiés, un quart d’entre eux ne présentent pas de personnages féminins et moins de 20% des femmes y exercent un métier, contre plus de 80% pour les hommes.

Et ce sont avec ces images que les enfants d’aujourd’hui grandissent…

Inquiétant, non ?

La place des filles dans les livres : une différence entre avant et maintenant ?

Les choses évoluent. J’ai envie de le croire. Dans les ouvrages actuels, ceux destinés à la jeunesse essentiellement, j’ai l’impression que l’on voit de plus en plus apparaître des personnages féminins qui ont un véritable rôle à jouer. Je pense à Divergente, Hunger Games, Oksa Pollock… Maintenant, c’est peut-être juste parce que, en tant que fille, je suis spontanément plus attirée par ces ouvrages.

Je me suis donc demandée si la situation avait vraiment connu une avancée entre les livres que je lisais enfant, dans les années 80, et ceux qui paraissent maintenant.

À l’époque, côté représentations féminines, nous avions :

  • Claude et Annie, du Club des 5. Soit un garçon manqué absolu et une pleurnicheuse. Un peu cliché, non ?
  • Fifi Brindacier. Rebelle, sauvage, un peu folle… Absolument irréaliste mais dont les aventures étaient fascinantes.
  • Alice, Fantômette… Des héroïnes qui résolvent des enquêtes et qui font mieux que les adultes ou les garçons autour d’elles. Ah, ça fait du bien.
  • Dorothy, du Magicien d’Oz, qui est incapable de se débrouiller toute seule…

Et je crains, que, côté personnages principaux avec un minimum d’impact (et de succès, soyons francs), ce soit à peu près tout pour l’époque.

les livres pour filles ?

Donc, oui, de ce point de vue-là, il y a quand même du mieux. Du moins au niveau des romans jeunesse, parce que, du côté des albums, la représentativité des genres ne soit pas encore gagnée. Je vous invite à lire cette page et à parcourir les liens listés pour vous faire une opinion sur la question. Et si vous cherchez des ouvrages à faire lire à vos enfants, vous pourrez puiser dans la liste fournie par Mighty Girl (la liste est en anglais, mais de nombreux titres ont été traduits en français).

Je discutais par ailleurs du sujet avec d’autres personnes récemment (sur ma page Facebook) et certains déploraient que la situation ne soit pas tellement meilleure pour les romans adultes. On se retrouve trop souvent avec des variantes de Claude et Annie… Quel dommage !

Créer des personnages féminins, c’est si difficile ?

Je suis actuellement sensible à ce sujet. Mais j’avoue que ça n’a pas toujours été le cas non plus. Si j’analyse mes romans déjà publiés, je dois bien reconnaître que les filles qui y sont présentées sont souvent en retrait. Même celle de Le Secret du vent, qui a du mal à prendre son destin en mains. Je peux donc déjà dire ce que ne sera plus pareil pour la suite (le personnage central de De Biblioteca est un garçon mais les personnages secondaires féminins ne se laissent pas marcher sur les pieds. Et pour les romans suivants, je vais encore plus loin. Mais il vous faudra attendre encore plus longtemps pour les lire…)

J’ai donc été particulièrement heureuse de lire cet article qui explique, brièvement, comment construire un personnage féminin qui ne soit pas pâlot. En plus du test de Bechdel, qui y est évoqué, il est aussi possible de s’appuyer sur celui de Mako Mori. L’ouvrage doit contenir :

  • au minimum un personnage féminin
  • qui possède son propre arc narratif
  • et dont le but n’est pas d’assister un homme.

Si on en est encore à se poser ces questions, à devoir faire ces tests pour évaluer le potentiel d’une femme dans une histoire, c’est qu’il y a encore un problème sur la représentativité féminine.

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Une héroïne ne doit pas nécessairement se battre contre le monde entier pour valoir la peine que l’on s’intéresse à elle ! Ce qui fera la différence, ce sera une fille (ou une femme) qui est capable de réflexion, qui a des valeurs, mais aussi des failles et qui doit puiser dans sa force intérieure (peu importe la manière dont elle s’exprime) pour avancer au quotidien. Un personnage fort n’est pas celui qui se bat contre une armée, c’est celui qui traverse des épreuves et qui en tire des leçons.

Ah, et cela n’est pas encore évident non plus pour tout le monde mais une fille n’a pas besoin de vivre une romance pour exister ! (bon, ok, ça fait vendre, mais j’aimerais bien un peu plus de livres où l’héroïne décide de rester seule et que cela sonne comme une victoire).

Créer de véritables personnages féminins

 

Rappelez-vous : les lecteurs sont surtout des lectrices. Le nombre de femmes écrivains est exponentiel. On devrait quand même pouvoir faire mieux que de laisser le second rôle aux personnages qui nous représentent, non ?

 

 

Réussir son marathon d’écriture : la méthode en 5 points

Réussir son marathon d’écriture : la méthode en 5 points

Vous vous rappelez de ce vieux film On achève bien les chevaux ? On y suivait deux personnes prêtes à danser jusqu’à épuisement total de leurs forces (et au-delà) pour gagner une somme d’argent.

Parfois, je me dis que participer à un Nanowrimo ou à un camp Nano, ce pourrait presque être considéré comme la même épreuve. Voilà comment j’ai survécu au Nanocamp d’avril

Réussir son marathon d'écriture, la méthode en 5 points pour le Nanowrimo

1. Pour écrire, il faut s’entraîner

La philosophie du Nanowrimo, c’est qu’en écrivant tous les jours, on est plus productif, et plus à même de rester dans le fil de l’histoire. Je serais assez d’accord sur ce point : si je reste trop longtemps loin de mon récit, mes personnages crient moins fort à mon oreille pour me faire avancer.

Mais écrire tous les jours, c’est un exercice qui demande de l’assiduité. Et si de nombreux participants démarrent l’expérience avec une certaine ferveur, trop abandonnent en cours de route.

Pour réussir son Nanowrimo, je recommanderais de ne pas attendre novembre pour se mettre à écrire. Autorisez-vous à écrire à de nombreuses autres périodes de l’année. Peut-être pas avec autant d’énergie que pendant le Nano (tenir ses 1660 mots quotidiens peut vite s’avérer compliqué quand la vie vient frapper à la porte) mais au moins de manière régulière.

Vous y gagnerez même en dextérité sur le clavier, ce qui peut être utile pour les Word War !

De mon côté, je vis souvent la période du Nano comme un gros coup de chauffe pour démarrer une nouvelle histoire… et j’essaye de ne pas trop laisser le moteur refroidir ensuite.

2. Vive les fractionnés

Les Word War. Les guerres de mots. Il faut en vivre au moins une dans sa vie. Voici le récit d’une de ces guerres par un vétéran :

Une word war, une guerre des mots... Le récit d'un vétéran

« Tout commence à un moment précis. L’heure est fixée à l’avance, on sait quand la guerre commence, comme quand elle finit. On croit être préparé, mais on ne l’est jamais vraiment. Quand l’heure sonne, on se retrouve face à son écran blanc. Le compteur de mots est à zéro et il faut le remplir le plus vite possible sur un délai limité. Vous savez combien de mots vous êtes capable d’écrire en 10 minutes, vous ? Moi, je l’ai appris. Puis j’ai appris qu’on ne sortait pas toujours vainqueur de ce genre de combat. Vous croyez qu’être le plus rapide à remplir sa page suffit à gagner la guerre des mots… Mais c’est plus qu’une question de célérité. Il faut que les yeux restent fixés, soit sur le clavier, soit sur l’écran. On n’a plus le temps de réfléchir, de choisir le bon mot, la bonne munition, d’évaluer son angle d’attaque. Il faut juste abattre les mots les uns à la suite des autres, et espérer qu’ils resteront en vie jusqu’à la relecture. C’est épuisant, c’est intense, c’est… C’est quand la prochaine ? »

Une guerre des mots, c’est le meilleur moyen de faire grimper son compteur de mots sur un temps limité. On compare ensuite son score avec celui de ses adversaires. Il n’y a rien à gagner, rien à perdre, juste un roman qui prend de l’ampleur en un temps record.

Participer à une Word War quand on a l’impression que son histoire stagne un peu, ou qu’on a pris du retard par rapport à son objectif, est une très bonne manière de rattraper le temps perdu. De manière générale, on apprend aussi que profiter de la moindre pause pour écrire peut réellement être productif. Oui, même si on n’a que deux fois dix minutes par jour pour soi, on peut écrire un roman en quelques mois.

Sur le dernier NanoCamp, j’ai calculé que deux WW par jour, d’un quart d’heure chacune, m’aidait à atteindre, à peu de mots près, mon objectif quotidien. Je n’en ai pas fait beaucoup, mais de temps en temps, c’est assez intéressant.

3. Gardez les yeux bandés

Quand on parle Nano, on parle de premier jet. C’est-à-dire une histoire qui nécessitera obligatoirement une relecture, et une réécriture… Le but, cependant, c’est de ne pas gaspiller toute son énergie à peaufiner chaque page avant de passer à la suivante. Chacun a une manière différente d’aborder l’écriture. Mais de temps en temps, juste avancer sans se poser de questions, en se laissant porter par l’histoire, peut être très rafraîchissant. D’ailleurs, en Nano, toutes les techniques sont permises : vous pouvez avancer totalement à l’aveuglette ou tracer au préalable le plan détaillé de votre récit. Tout ce qui vous est conseillé, c’est de NE PAS vous relire. Jamais. Sous peine de mort imminente du souffle créatif (et ça, c’est très très grave).

J’ai un peu triché sur le dernier Nanocamp, puisque j’ai alterné des phases de recherche et des phases d’écriture. Je pouvais le faire puisque j’avais fixé moi-même mon objectif (à 40 000 mots… alors qu’il en faut 50 000 pour le Nanowrimo). Mais par contre, je n’ai jamais relu mon texte pour le retravailler. Je le ferai après (et ça risque d’être aussi épique que l’écriture elle-même, mais ça… c’est une autre histoire).

4. Savoir s’entourer

Vous savez ce que tout participant à un Nanowrimo doit faire, juste après son inscription ? Annoncer au monde entier qu’il va nanoter pendant un mois ! Parce que quand on dit, en public, qu’on va tenter une expérience un peu folle comme celle-là, on se sent un petit peu plus obligé d’aller jusqu’au bout. Par conséquent, vos proches deviennent aussi vos soutiens (et commencent à accepter plus facilement votre besoin de vous isoler pour écrire).

Mais c’est aussi l’occasion de partager l’émulation d’autres auteurs. Et de s’encourager les uns les autres à avancer dans l’écriture de ce fameux roman. Rappelez-vous : on est toujours plus fort à plusieurs !

La cabin que j’ai eu l’occasion de rejoindre pour le dernier Nanocamp était pleine d’entrain et d’énergie. On se soutenait, on se poussait à écrire, même juste quelques dizaines de mots… Et on était tous fiers, le 1er mai, d’avoir terminé dans les temps et réussi notre pari !

5. Gardez l’envie

Participer à un Nanowrimo demande beaucoup d’énergie. Mais cela doit rester un plaisir. Si pour vous, vous installer devant votre bureau et tenter d’aligner les mots est une torture, arrêtez tout de suite de vouloir devenir un écrivain. Trouvez autre chose pour exprimer votre créativité. Parce que si vous n’éprouvez pas cet élan de joie à savoir que vous êtes en train de donner vie à un monde, si vous n’êtes pas émerveillé par chacun de ses nouveaux reflets, vous ne tiendrez pas pour un marathon d’écriture comme le Nano.

Moi, pendant ce Nanocamp, j’ai été ébahie par les réactions de mes personnages. Certains jours, je me demandais si j’avais raison de parler d’eux, s’ils présentaient un quelconque intérêt… Mais ils continuaient à m’émouvoir, à m’intriguer, à m’impressionner… Et je crois bien que j’aurais été incapable de les laisser partir avant la fin. C’est cela que vous devez ressentir. Pas moins.

Voilà comment je suis venue à bout du dernier Nanocamp

Winner du Camp Nanowrimo 2017

Maintenant, si vous êtes prêt, je vous préviens : le prochain Nanocamp est en juillet !

Quand la créativité va, tout va !

Quand la créativité va, tout va !

La créativité… Un concept un peu flou, auquel je réfléchis pas mal en ce moment. J’en ai même fait le sujet d’une petite vidéo sur ma chaîne YouTube… Mais c’était surtout une vidéo qui se basait sur ma propre expérience avec cette espèce de chose improbable, cette idée sauvage que personne ne peut capturer et qui nous saute parfois dessus sans que l’on soit prévenu. Oui, la créativité, c’est un peu un animal fantasmagorique, à mi-chemin entre la muse et l’exercice contraignant. J’ai pourtant eu envie de creuser un peu plus loin encore dans ce qui fait que la créativité est ce qu’elle est…

Quand la créativité va, tout va ! par Mélanie De Coster

Une définition ?

Comme toute littéraire qui se respecte, quand je veux mieux comprendre un concept, je regarde ce que d’autres en disent. Déjà, d’après le CNTRL, ce mot n’existe qu’au singulier. Il n’y aurait donc qu’une seule forme de créativité ? Je n’en serais pas aussi persuadée…

Mais voyons plutôt sa définition…

créativité = pouvoir qu’a un individu de créer, c’est-à-dire d’imaginer et de réaliser quelque chose de nouveau.

Donc, quand j’écris, que j’invente un nouveau monde et que je le rends réel pour les autres, c’est un pouvoir.

Je le savais bien, que j’aurais dû faire partie de l’école du Pr. Xavier !

Plus sérieusement, si c’est un pouvoir, cela signifie, je suppose, que tout le monde ne l’a pas (et un grand pouvoir implique de grandes responsabilités…)

Or, j’aurais tendance à croire que la plupart des gens peuvent être créatifs. Ils ont en tout cas ce potentiel en eux. Pas tous au même niveau, pas en l’exprimant tous de la même manière… Mais c’est bien présent, plus ou moins là, pas très loin…

Et du côté de la science ?

cerveau créatif contre cerveau logique ?

La science aussi s’est penchée sur la créativité. Si, si. Il semblerait que les travaux dans ce domaine se soient multipliés depuis 1883 et qu’il y ait eu de nombreuses études, des tests, des simulations… C’est que ces petits scientifiques en blouses blanches ont bien envie de savoir ce que c’est que ce fameux pouvoir.

Ils n’ont pas réussi non plus à le mettre en cage, ni à le synthétiser (la créativité, c’est que du naturel). Ils ont juste pu déterminer qu’il y a des phases de créativité plus ou moins actives, notamment selon les âges de la vie. Et que la faculté de créer, d’inventer, d’imaginer était modifiée par les facteurs environnementaux. On touche là au point suivant.

La créativité, ça se nourrit !

On est beaucoup plus créatif quand on a les outils pour l’être. La plupart des grands écrivains vous répéteront qu’il faut beaucoup lire. Lire, encore et encore, avant de se mettre à écrire. Et c’est le cas, je crois, pour la plupart des arts. Que ce soit pour totalement se démarquer, pour lancer un nouveau style, pour continuer sur la lancée de ses maîtres à penser… Peu importe. C’est en se nourrissant, même inconsciemment, de tout ce qui existe (ou du moins d’une grande partie. Je n’aurais jamais la prétention de lire tous les livres du monde. C’est une tâche infinie) que l’on peut le mieux créer.

Et quand je dis se nourrir… Ce n’est pas seulement absorber ce qui se rapporte de près à notre art préféré. Tout ce qui nous entoure peut alimenter notre esprit créatif.

La musique, le vent dans les feuilles d’arbre, la dispute de nos voisins… Tout ce qui est la vie sert la vie. Même si l’on crée quelque chose de nouveau, on ne le fait pas à partir du néant. C’est peut-être pour cela, aussi, que de nombreux créatifs sont autant dans l’observation. C’est leur manière de respirer le monde qui les entoure pour en créer un nouveau.

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Les gens créatifs seraient-ils différents des autres ?

Tout le monde est unique. Absolument tout le monde. Et chacun se sent différent des autres, particulier, pas dans le moule. Donc, oui, un artiste, un créatif, c’est aussi différent des autres. Comme les autres.

Mais peut-être en effet qu’ils voient le monde un peu à leur manière. J’ai lu un article qui présentait 18 choses que les gens créatifs font différemment. Évidemment, je me suis reconnue dans ce qui était écrit. Mais je serais surtout curieuse de savoir à quel point une personne qui ne se sent PAS créative trouverait des concordances entre elle et cet article. Je veux bien votre avis dans les commentaires sur ce sujet !

Surtout qu’il n’y a pas que les artistes qui soient créatifs. Un scientifique, un cuisinier et même un commercial peuvent l’être. La créativité est même maintenant au programme des grandes écoles. Est-ce une manière de la faire rentrer dans le moule ? Est-ce qu’on va l’étouffer à force de vouloir la susciter chez tout le monde ? Je ne crois pas. Mais il y a différentes manières de travailler sa créativité.

Exercices de créativité

Je suis toujours curieuse quand je vois ce genre d’énoncé sur un sujet d’article. Et presque invariablement déçue. Alors, non, il n’y a pas de recette miracle pour transformer votre cerveau en esprit créatif d’un claquement de doigt. Par contre, oui, la créativité s’entretient. Elle a besoin d’être nourrie, je l’ai dit, mais aussi de ne pas être délaissée. Si on perd l’habitude de faire appel à elle, elle se recroqueville dans un coin et devient aussi inerte qu’une vieille prune desséchée. Mais rassurez-vous : avec beaucoup de soins et d’attention, il est possible de la réhydrater. Ou de la planter dans son jardin et de récolter plus tard ses fruits. Bref, vous voyez, rien n’est jamais perdu dans ce domaine.

Je me suis amusée à chercher à savoir ce que des gens considérés comme créatifs avaient dit sur le sujet. Et je suis au regret de vous dire qu’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux.

D’un côté, nous avons les adeptes de la créativité forcée :

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Ce sont les mêmes qui affirment qu’il faut travailler tous les jours, absolument tous les jours, pour être un artiste digne de ce nom.

Puis il y a ceux qui s’appuient sur l’inspiration

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Ces deux courants de pensée n’étant pas contradictoires, bien au contraire : Ray Bradbury est aussi un fervent adepte de l’écriture quotidienne.

Pour être créatif, il ne faut pas toujours attendre que l’inspiration vienne. Parfois il faut juste se mettre devant son outil de travail, et dire « ok, je vais tenter de faire quelque chose. Ce sera extra-ordinaire. Ou pas. Mais au moins j’aurai avancé. Même si je dois tout effacer à la fin de la journée parce que c’est nul. Même ce que je rate me ramène à la création. »

Parce qu’on ne peut pas toujours juste attendre que la créativité vienne sonner à notre porte, dans un joli paquet bien enrubanné. Il faut aussi lui laisser la porte ouverte et lui montrer qu’on est là pour elle.

Ce qui distinguera un tâcheron sans inspiration d’un créatif qui transforme le monde ? Ce ne sera pas uniquement le travail, ni le fait de garder un esprit ouvert… Mais ça peut certainement en faire partie…

Au final, mes recherches m’ont au moins convaincu d’une chose : la créativité, personne ne l’a encore créée. Et même si de nombreuses personnes, chaque jour, cherchent à la comprendre (vous pouvez d’ailleurs regarder les conférences TED sur ce sujet), elle ne sera jamais totalement apprivoisée. Et c’est sans doute aussi pour ça qu’elle est si belle !

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En avril je prends une cabane au camp Nano !

En avril je prends une cabane au camp Nano !

Le titre de cet article évoquera certainement de nombreuses histoires aux habitués du Nanowrimo… et un peu moins aux autres. Les camps Nano sont pourtant de belles aventures à partager entre compagnons d’écriture. Les flammes de l’imagination dessinent des ombres de scénario, on fait griller nos compteurs de mots et on se réveille dans les vêtements dans lesquels on s’était couché, en négligeant de se laver les dents parce que, ho, on est en train de camper, là, on peut un peu oublier le confort quotidien, non ?

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Bref, vous l’aurez compris (ou pas) : le camp Nano c’est un moment d’écriture (presque) aussi intense que le Nanowrimo. Sauf qu’il y fait un peu moins frisquet, ce qui motive de nombreux participants à venir installer leurs stylos dans le coin.

Les différences entre le Nanowrimo et le camp Nano

Le Nanowrimo, comme son nom l’indique (pour ceux qui apprécient les acronymes) a lieu en novembre. Pendant un mois entier, des écrivains de tout l’univers (si on peut couronner des miss univers, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas supposer que les extra-terrestres écrivent aussi) ne décollent plus de leur ordinateur. Le but : rédiger un roman de 50 000 mots en 30 jours. Pas le droit de commencer avant, ni de terminer après. Les règles sont strictes. Et le mois est intense. Très intense.

C’est un moment où vous ne répondez plus au téléphone, où vous ne mangez plus en famille que par obligation, où vous pensez écriture à longueur de journée et vous devenez un littéraire qui compte. Qui compte les mots.

J’ai adoré y participer (et aller jusqu’au bout) en 2015. C’est une période totalement inhumaine mais absolument exaltante.

Et comme les auteurs doivent être des gens un peu masos, une seule session de ce genre par an ne leur suffisait pas. Ils ont décidé de remettre ça. En modifiant quand même un peu les règles du jeu, histoire d’amener de la variété dans la torture.

C’est ainsi que les camps Nano sont nés. Le principe est toujours le même : vous avez un mois pour écrire. Sauf que c’est vous qui fixez votre objectif. Oui, si votre ambition est d’écrire 100 mots en un mois, vous pouvez le décider (quoique je ne sais pas si quelqu’un a déjà tenté d’inscrire un nombre aussi bas comme record personnel). Cette année, vous pouvez même modifier votre objectif en cours de route, si vous vous rendez compte que vous aurez un peu plus de mal que prévu à l’atteindre (si le temps d’avril est exceptionnellement beau et que vous préférez passer votre temps à vous promener dehors, par exemple).

Cette souplesse apporte un peu de souffle aux auteurs. Et, par ailleurs, les objectifs se partagent à plusieurs, à l’intérieur de cabines où l’on peut être coopté ou regroupé par hasard ou par affinités potentielles. C’est presque une colonie de vacances, où le travail de chacun fait gagner des points à tous (on dirait presque le système des points des maisons de Harry Potter, vous ne trouvez pas?).

Mon objectif pour le camp Nano 2017

Un des grands principes du Nanowrimo, c’est d’annoncer que l’on va participer. Parce qu’il est un petit peu plus dur (et humiliant) de lâcher son projet en cours de route quand on a dit à tout le monde quel merveilleux texte on allait composer sur le délai imparti.

J’annonce donc officiellement que… Tadam… je vais participer au camp Nano d’avril. J’ai rejoint une cabine composée exclusivement de femmes auteur. Ce qui est très amusant, c’est que nombre d’entre nous allons écrire dans le domaine de la SFFF… alors que la personne qui m’a invitée au départ écrit, elle, de la romance (c’est une collègue des éditions HQN).

Et comme les auteurs, c’est un peu comme une grande famille, je vous invite à visiter les pages de mes compagnes de cabane : Valery K. Baran & Hope Tiefenbrunner, Xenja, Lou MarieIsabella Mikaelson, Florence Cochet, Diana B. Rylia , Viviane Faure, Camille-Miko , Elora Martin.

Mon but, en avril, est d’arriver à un total final de 50 000 mots sur mon projet en cours. Je vous rassure tout de suite (ou pas) : je ne compte pas écrire 50 000 mots sur ce mois. J’ai déjà commencé à travailler sur mon nouveau texte. À l’heure où j’écris ces lignes (soit 1 h du matin, mes personnages n’avaient pas envie de dormir), j’en suis déjà à 9 000 mots. Et ceux qui ont déjà fait un Nano savent à quel point 1/5 de texte déjà écrit, c’est énorme !
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